Bernard Maigrot, accusé du meurtre de la styliste Vanessa Lagesse, envisage d’avoir recours à une contre-expertise étrangère pour se défendre. Son avocat, Me Ivan Collendavelloo, Senior Counsel, avait indiqué que la défense fera appel à des experts étrangers pour se prononcer sur les éléments scientifiques. Bernard Maigrot qui a comparu en Cour d’Assises, le lundi 19 novembre 2012, sera à nouveau dans le box jeudi prochain.
« Nous allons faire appel à des spécialistes venant d’autres pays pour analyser les éléments scientifiques dans cette affaire. Comme les fêtes de fin d’année sont proches, il sera très difficile de les avoir pendant cette période », avait alors fait remarquer le principal avocat de Maigrot.
S’adressant au juge Benjamin Marie Joseph, Me Collendavelloo a déclaré que la défense a reçu certains des documents qu’elle avait réclamés. Il a précisé que les autres documents lui seront soumis prochainement.
L’avocat de Bernard Maigrot a laissé entendre qu’il envisage de soulever plusieurs points préliminaires avant le début du procès. Pour cela, il verra s’il y a lieu d’envisager de solliciter un report de l’affaire en Cour.
Rappelons que c’est le 10 mars 2001, presque douze ans de cela, que Vanessa Lagesse a été retrouvée morte dans sa baignoire, dans son bungalow à Grand-Baie. Bernard Maigrot avait par la suite été appréhendé par la Central Investigation Division (CID) de Curepipe, alors dirigée par Prem Raddhoa, surintendant de police. Le policier étant décédé depuis, son absence dans le box des témoins lors de ce procès pèsera sans doute. Après son arrestation, le suspect avait été incarcéré au poste de police de Midlands, avant de recouvrer la liberté provisoire le 6 juillet 2001.
Le magistrat Azam Neerooa avait déféré Bernard Maigrot aux Assises le 28 novembre, à la suite d’une enquête préliminaire qui s’était déroulée en Cour de Mapou. Mais le 2 juin 2008, le DPP d’alors, Me Gérard Angoh, avait accordé un non-lieu à l’accusé.
Toutefois, le 23 mai 2011, Bernard Maigrot était à nouveau arrêté : le bureau du DPP a décidé de rouvrir l’enquête.
Cette décision a été motivée par la réception de nouveaux rapports scientifiques provenant de l’étranger. En effet, les autorités compétentes ont confié à des laboratoires étrangers, qui sont certainement plus pointus en science politico-médicale, certaines données dont elles disposaient depuis l’enquête menée par la police au début de l’affaire.