Lors de la tranche consacrée aux questions adressées au Premier ministre au Parlement à la mi-journée, l’Opposition, en l’occurrence, les députés Cehl Meeah et Steve Obeegadoo, ont demandé au chef du gouvernement s’il ne jugeait pas mieux que l’Attorney General, Yatin Varma « step down » de ses fonctions le temps de l’enquête. Suite à un accident survenu à Sodnac le 4 mai dernier, le ministre fait l’objet d’une allégation d’agression physique et verbale à l’encontre d’un jeune homme de 19 ans. Navin Ramgoolam a répondu que « nous devons attendre que la police termine son enquête » avant d’initier les actions appropriées. Il a par ailleurs réitéré sa déclaration au sujet des témoins : « There should be no fear to go and report cases. »
La question venait du député de l’Opposition, Cehl Meeah, alors que Yatin Varma y assistait, dans un semblant de calme, se voulant également sur la défensive. Il s’est enquis de l’avancement de l’enquête sur l’accident survenu à Quatre-Bornes le 4 mai dernier et a demandé confirmation auprès du Premier ministre si l’Attorney General y était bien impliqué. Le Premier ministre a répondu par l’affirmative et devait indiquer que les deux voitures accidentées ont subi des dommages et que la Police a initié une enquête. Navin Ramgoolam a d’autre part indiqué que des déclarations ont été enregistrées de la part de dix personnes au poste de police de Sodnac. Il a également confirmé qu’un test d’alcoolémie a été effectué. Le député Meeah devait dans une question supplémentaire demander : « Le Premier ministre est-il d’accord que ce cas a affecté l’intégrité de notre pays tant localement que sur le plan international ? Estce qu’il demandera à l’Attorney General de step down le temps de la durée de l’enquête ? » Ce à quoi Navin Ramgoolam devait répondre qu’« une fois qu’il y aura et s’il y aura des preuves, nous prendrons des actions. I need the enquiry to terminate. We have to let the Police terminate the enquiry ». Le député rouge, Shakeel Mohamed, de lancer, alors en direction de Cehl Meeah : « Li pe anvi step up li. »
À une autre question du député Meeah demandant au Premier ministre s’il fera de son mieux pour que des membres d’organisations socioculturelles cessent de harceler les personnes, Navin Ramgoolam a réitéré ce qu’il a affirmé il y a quelque temps : « As I said to journalists, there should be no fear to go and report cases. »
De son côté, le député du MMM, Steve Obeegadoo, devait souligner auprès du chef du gouvernement le côté particulier de l’affaire Varma, qui, à ses yeux, joue « a very critical and sensitive role in our Constitution ». Il a ainsi demandé au Premier ministre si ce cas précis ne demande pas que l’Attorney General « step down temporarily until we have a clear picture from the enquiry ». Navin Ramgoolam, de répondre : « I want to see if there is prima facie or not. » Et d’ajouter : « L’enquête policière suit son cours. Attendons voir. Tout est en train d’être fait selon la loi. »
Pravind Jugnauth devait à son tour demander pourquoi il y avait nécessité pour le Premier ministre de dire en public qu’il n’y aura pas de représailles suite à des témoignages dans cette affaire.
Le whip de l’Opposition, Rajesh Bhagwan, a pour sa part demandé l’assurance du chef du gouvernement quant à « une directive claire auprès du Commissaire de Police qu’il n’y aura pas d’interférence car dans le passé, il y en a eu, surtout dans des affaires impliquant des politiciens ».
Le député Cehl Meeah devait adresser une autre question aujourd’hui au Premier ministre, à savoir si des mesures seront initiées pour assurer que des « persons appearing before Fact Finding Committees and Commission of Inquiries » soient exemptées de n’importe quelle forme de poursuite, cela en vue de davantage de transparence. Le Premier ministre a jugé qu’une telle approche serait « unwise » car ces dernières pourraient être tentées, selon lui, de donner de faux témoignages. « Truthful evidence, I think, should not fear prosecution », a-t-il dit.
À ce sujet, le leader de l’Opposition, Alan Ganoo, a demandé à Navin Ramgoolam s’il était au courant que dans le programme gouvernemental de 2010, il est fait mention de mesures spéciales pour les témoins de même qu’un programme de protection des témoins en vue de prévenir toute intimidation. Il a demandé au PM si le gouvernement ne devrait pas y songer sérieusement, cela non seulement pour les témoins en cour mais aussi dans les FFC. Pour toute réponse, Navin Ramgoolam a eu soutenu : « Someone who is telling the truth should not fear. »