La Cour d’assises a entendu ce matin le témoignage de Premila Woodun, la tante de Yesudas Veeranah, qui l’avait accompagné dans la nuit du 5 novembre pour enterrer son épouse, Nisha Veeranah, au cimetière St-Martin. Confrontée à ce qu’elle avait dit dans sa déposition à la police, Premila Woodun s’est plusieurs fois contredite et a nié avoir dit à la police que son neveu avait avoué avoir tué son épouse. Elle a toutefois évoqué la fois où elle a accompagné ce dernier au cimetière pour enterrer le cadavre de sa victime.
Me Johan Moutou-Leckning, Acting Senior Assistant DPP, a dès le début informé le juge Benjamin Joseph que le Directeur des poursuites publiques avait accordé l’immunité à Premila Woodun, la tante de Yesudas Veeranah, pour qu’elle puisse déposer sans avoir à craindre d’être incriminée par ce qu’elle pourrait dire à la Cour.
A une question de la poursuite sur Nisha Veeranah, Premila Woodun devait répondre qu’elle ne la connaissait pas. Elle a toutefois reconnu qu’il s’agissait de l’épouse de son neveu. En Cour, elle raconte que, le 5 novembre 2005, elle était en train de dormir à son domicile lorsque l’accusé a frappé à sa porte. « J’ai ouvert et j’ai demandé à Yesudas ce qu’il faisait là. Comme il restait tranquille, et que je voyais qu’il avait l’air triste, je lui ai demandé ce qui s’était passé. Il m’a alors dit que sa femme était morte », a-t-elle relaté.
La poursuite a alors demandé au témoin si, après avoir appris la nouvelle, elle avait demandé des explications sur les circonstances de la mort de l’épouse de son neveu. Ce à quoi elle a répondu par la négative, précisant « mo mem mo ti stresse saler la ».
Me Johan Moutou-Leckning l’a alors confrontée à la déposition qu’elle avait consignée à la police le 28 novembre 2005, et dans laquelle elle avait précisé que son neveu lui aurait lancé : « Nou fin gayn diskisyon, mon bat li et fin touy li. » Et Premila Woodun de déclarer en Cour qu’elle n’avait jamais tenu de tels propos, ajoutant que les policiers avaient enregistré des déclarations qu’elle n’avait faites. « Ena kitsoz mo pa fin dir, MCIT ine ekrir mem ine ale », a-t-elle soutenu.
Revenant sur le soir où son neveu est venu la voir pour « enterrer le cadavre » de son épouse, Premila Woodun confirme avoir accompagné cette nuit-là Yesudass Veeranah au cimetière Saint-Martin. À plusieurs reprises, le témoin devait dire qu’elle n’arrivait pas à se souvenir de certains détails, notamment de l’heure à laquelle ils sont arrivés au cimetière et ce qu’avait alors fait l’accusé. Ce n’est que confrontée à sa déposition que celle-ci a commencé à raconter sa version, en l’occurrence la manière dont son neveu à enterré le corps de la victime dans une tombe appartenant à une personne décédée quelques jours auparavant.
A noter que, lors de l’interrogatoire, Premila Woodun n’a pu identifier les pièces à conviction ainsi que les photos prises lors de la reconstitution des faits, affirmant qu’elle ne se souvenait plus.