La Cour a repris hier après-midi l’audition des témoins de la poursuite, assignés dans le cadre du procès intenté à Yesudas Veeranah pour l’assassinat de son épouse Nisha Veeranah le 5 novembre 2005. Le District Clerk de Mapou, Narayen Ramdawa, a été le premier à être appelé à la barre. Il a présenté à la Cour les pièces à conviction produites lors de l’enquête préliminaire. Il s’agit des vêtements que portait la victime le jour du drame. Il a aussi produit le rapport du Chief Forensic Scientist attestant qu’un taux d’alcool de 33 % avait été relevé dans le sang de la victime.
Une vingtaine de témoins de la poursuite ont été assignés dans ce procès qui s’est ouvert hier aux Assises. L’accusé Yesudas Veeranah a plaidé non coupable.
Appelé à déposer en premier, le District Clerk de Mapou a produit une série de pièces à conviction qui avaient été présentées lors de l’enquête préliminaire. Narayen Ramdawa a ainsi identifié les vêtements que la victime Nisha Veeranah avait sur elle quand son corps a été retrouvé dans une tombe au cimetière St-Martin le 23 novembre 2005.
Le District Court Officer, Kumar Heerah, a par la suite témoigné. C’est lui qui avait enregistré toutes les dépositions faites en Cour par les témoins. Il a indiqué à la Cour qu’il agissait également en tant que Registrar et a confirmé sous serment les documents produits en Cour hier. Cependant, à une question de l’avocat de la défense, Me Ashley Hurrangee, sur les dépositions du Chief Forensic Scientist le 19 octobre 2010, le District Court Officer devait répondre qu’il n’était pas le seul à enregistrer les dépositions et que c’est son collègue Narayen Ramdawa qui a consigné le témoignage du Chief Forensic Scientist le 19 octobre 2010.
Narayen Ramdawa a alors déposé à nouveau. Il est revenu sur la déposition de l’ancien Chief Forensic Scientist Abdool Latiff Ramtoola qui avait indiqué dans son rapport après l’analyse sanguine de la victime que son sang contenait un taux d’alcool de 33 % au moment de sa mort. Vu que l’ancien Chief Forensic Scientist est décédé entre temps, la poursuite a fait savoir à la Cour qu’elle présentera ce rapport de même qu’un autre sur les toxicological samples et l’acte de décès de la victime.
L’audition des témoins s’est poursuivie avec la déposition du photographe de la police, l’inspecteur Anthony, qui a produit en Cour une série de photos prises lors des reconstitutions des faits, montrant l’endroit où la victime avait été enterrée ainsi que la voiture dans laquelle elle aurait trouvé la mort après une violente dispute entre elle et son époux. Lors du contre-interrogatoire, Me Hurrangee l’a interrogé quant aux personnes présentes à la reconstitution des faits. L’inspecteur Anthony a indiqué que les enquêteurs, l’accusé, le draftman, des officiers de police et lui-même s’y trouvaient. À une question de la défense sur la présence d’un médecin sur les lieux au moment où la police procédait à l’exhumation du corps de la victime, le photographe de la police n’était pas en mesure de répondre car il ne se souvenait pas avoir vu un médecin ce jour-là.
Le PC Baramdoyal, le draftman qui avait rédigé les différents plans dans le cadre de cette affaire — notamment l’itinéraire qu’aurait emprunté le couple en quittant son domicile à Belle-Vue Maurel et le trajet de l’accusé pour se rendre au cimetière St-Martin —, a identifié les divers points mentionnés sur le plan. Il a également produit en Cour hier une carte du pays retraçant de façon plus détaillée le trajet de l’accusé ce jour-là. Lors de son contre-interrogatoire, il devait toutefois affirmer que le plan détaillé présenté en Cour n’a été rédigé que récemment après qu’il a reçu la convocation de la Cour pour témoigner dans cette affaire. Me Hurrangee a alors attiré son attention sur le fait que pour ce plan, il n’a présenté aucun statement comme il l’avait fait pour le plan initial rédigé le 13 juin 2006. Le draftman n’était également pas en mesure de confirmer la présence d’un médecin au cimetière ce jour-là.