Le groupe IBL s’est fixé pour objectif de réaliser, dans le moyen à long terme, environ 50% de ses revenus à l’étranger, contre 30% actuellement. C’est ce qu’a annoncé la direction du groupe lors d’une conférence de presse pour commenter les résultats semestriels (juillet-décembre 2013). Le groupe a enregistré une croissance de 5% de son chiffre d’affaires (Rs 10,3 milliards) et ses bénéfices nets (Rs 398,4 millions) pour cette période.
En présence du président du conseil d’administration du groupe IBL, Arnaud Lagesse, et du Chief Financial Officer Gaëtan Lan, le Chief Executive du groupe, Nicolas Maigrot, a indiqué que, sans pour autant minimiser ses activités à Maurice ni négliger le local en termes d’investissements, le groupe IBL se tournera davantage vers les marchés étrangers pour accroître ses revenus d’exportations et développer ses activités. Les revenus provenant des opérations à l’étranger se situent actuellement à 30%, les secteurs du “seafood”, les opérations du Chantier Naval de l’océan Indien et du global business – à travers la société DTOS – assurant l’essentiel de ces revenus. IBL pense qu’un objectif de 50% est réalisable. « Au fil des années, nous avons acquis un savoir-faire qui est exportable », a déclaré Nicolas Maigrot.
« IBL a conscience que sa stabilité prend source à Maurice où, durant les 3 dernières années, le Groupe a investi quelque Rs 700 millions. Cela dit, pour soutenir sa croissance, IBL mise aussi sur l’étranger, notamment les marchés émergents », déclare la direction, prévoyant, sur le moyen et le long termes, que ses opérations en dehors de Maurice représenteront 50% de ses activités.  
Dans cette optique, à la suite du partenariat public–privé signé avec l’État gabonais pour le développement de l’industrie marine dans ce pays, IBL investira jusqu’à 10 millions d’euros (environ Rs 410 millions) au Gabon durant les prochaines années. Ce projet à long terme a démarré avec l’usine de mareyage, qui a commencé sa production le mois dernier. Le début des activités de pêche pour les petits pélagiques est prévu pour mai 2014 alors que la production de sardines en conserve sera, elle, enclenchée le mois suivant. Concernant l’Ouganda, IBL continuera d’investir dans « Fresh Cuts », une société spécialisée dans la production de viande, dont le groupe possède 50% des parts depuis 2012. Pour IBL, il faut maintenant structurer la chaîne de production et de distribution, investir en amont et pouvoir répondre à la demande, qui est en croissance dans ce pays. Les résultats sont encourageants, note le groupe.
Interrogé sur le financement de ses projets de développement futur, en particulier à l’étranger, la direction d’IBL souligne qu’elle compte y aller « prudemment » et que le groupe a dégagé suffisamment de “cash-flow” ces dernières années pour pouvoir assurer le financement de nouvelles opérations. Nicolas Maigrot a ajouté qu’IBL vise les pays africains et asiatiques, qui sont en croissance soutenue, surtout ceux où le groupe peut maximiser son savoir-faire. 
Valeur ajoutée
La direction d’IBL a beaucoup insisté sur la question de la valeur ajoutée et sur l’innovation au niveau des opérations du groupe. La créativité, précise-t-elle, est une des valeurs mises en avant auprès des employés. « Se réinventer constamment est la locomotive de notre résilience. Cela nous permet également de nous rendre flexibles et de nous adapter à une économie qui évolue vite », soutient Nicolas Maigrot.     
Passant en revue les activités sectorielles du groupe, les dirigeants d’IBL observent que le secteur “Engineering” a vu sa profitabilité réduite à la suite d’un ralentissement de la demande. Il existe, selon IBL, un manque de visibilité sur les gros projets à l’échelle nationale ou au niveau de l’hôtellerie, qui a un impact direct sur ce secteur. Le secteur de la construction fonctionne au ralenti et affiche une morosité qui se fait ressentir au niveau des activités du groupe. Parlant des opérations dans le secteur du commerce au détail, IBL note une légère baisse des profits, expliquant que la compétition est farouche dans ce secteur. S’agissant du “Seafood & Marine”, on laisse entendre que l’entreprise Thon des Mascareignes a enregistré un repli de ses bénéfices alors que le Chantier Naval de l’océan  Indien, lui, a réalisé une bonne performance, ce qui a permis de maintenir globalement le niveau des profits de ce secteur.  
Pour les autres secteurs, la tendance est à la hausse, que ce soit au niveau du chiffre d’affaires ou des profits, ce qui permet de conserver une bonne performance financière globale. « C’est une force d’être un grand groupe diversifié comme IBL puisque les résultats plus mitigés de certains secteurs d’activités de la compagnie sont compensés par ceux démontrant plus de croissance », fait remarquer Arnaud Lagesse. Les compagnies associées ont été performantes, ce qui a aussi aidé le groupe à afficher une croissance des profits avant impôt de 5%, passant de Rs 416 millions à Rs 435 millions. « Nous avons acquis des parts significatives dans des entreprises ayant une bonne santé financière. Nous sommes satisfaits du résultat et des décisions prises pour notre développement stratégique », a déclaré Gaëtan Lan.