Une sortie nocturne bien arrosée chez Attitude Ébène, dans la nuit de samedi à dimanche, avec pour principale vedette Sada Curpen, « présumé parrain du subutex » à Maurice, ébranle la force policière depuis hier. Ce matin, six membres de la force policière, dont le Sergeant-at-Arms, le chef inspecteur Badal, l’une des premières nominations de l’Alliance Lepep après les élections du 10 décembre dernier, ont été entendus formellement par le Central CID  au sujet de leur présence à la fête marquant le 40e anniversaire de Sada Curpen. Invariablement, ils ont rejeté les allégations, soutenant qu’ils avaient été invités au 30e anniversaire de leur collègue, la Woman Police Constable Ramchurn, affectée aux Line Barracks.
La coïncidence a voulu que la WPC Ramchurn n’est autre que la fiancée de Sada Curpen, tous deux fêtant leur anniversaire le même jour. Les policiers ont soutenu qu’ils ne savaient pas qu’ils avaient été invités à l’anniversaire de ce trafiquant de drogue présumé et qu’ils avaient quitté la fête dès que possible sans faire d’esclandre. Ils ont également ajouté qu’ils ne savaient pas si Sada Curpen faisait l’objet d’un couvre-feu la nuit dans le cadre des conditions de sa remise en liberté pour des affaires en Cour intermédiaire.
Les policiers ayant participé à ce double anniversaire ont pu rentrer chez eux après leurs explications. De son côté, le chef inspecteur Badal, qui a été entendu depuis 7 h ce matin dans les locaux du Central CID, a pu regagner son poste. Mais cette affaire, même s’il n’y aura pas de suites, suscite un véritable embarras au sein de la police avec autant de membres « fricotant » avec un suspect majeur dans un cas de trafic de drogue.
L’anniversaire de Sada Curpen devrait toutefois avoir des conséquences pour d’autres policiers, non invités à la fête de samedi soir. Ces policiers sont affectés au poste de police de Terre-Rouge, où Sada Curpen doit se rendre pour un “call” quotidien depuis sa remise en liberté sous caution. Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien indiquent qu’une recrue de la force policière a inscrit une entrée en date du 6 mars dernier à l’effet que « Sada Curpen’s curfew has lapsed ». Cette affaire ferait suite à un appel téléphonique reçu d’un soi-disant chef inspecteur Rama, Police Prosecutor at the Intermediate Court, à l’effet que, sur ordre de la Cour, le couvre-feu a été enlevé. Par la suite, le dénommé Sada Curpen a été informé par les policiers de Terre-Rouge qu’il n’avait aucun restriction de sorties nocturnes. C’est ce qu’a donné Sada Curpen comme explications au Central CID pour justifier la fête de samedi soir.
Tous les policiers affectés au poste de police de Terre-Rouge ont été convoqués au Central CID ce matin en vue d’élucider le mystère de l’appel du chef inspecteur Rama, qui est en mission à l’étranger. Les responsables du poste de police devront également expliquer pourquoi ils n’ont pas cherché confirmation de ce faux appel téléphonique avant d’agir. L’enquête se poursuit…