Depuis vendredi après-midi, Rodrigues vit en état de choc en apprenant le déroulement d’un drame des plus traumatisants. Une fillette de 4 ans habitant Soupir a été victime d’une agression sexuelle de son cousin, âgé de 15 ans. La petite victime a ensuite été jetée et abandonnée à son sort dans une fosse d’aisance par son prédateur sexuel. N’étaient les recherches et les battues effectuées par la mère et les proches de la fillette, elle aurait pu disparaître dans la fosse sans laisser de traces. Admise au Queen Elizabeth Hospital de Crève-Coeur, elle révéla à sa mère les circonstances de son agression et l’identité du suspect présumé. Celui-ci a été appréhendé par les enquêteurs de la police et interrogé pendant toute la journée en présence de sa mère.
Des membres de la famille Baptiste arrivent difficilement à comprendre le calvaire qu’a connu cette fillette d’une famille de sept enfants occupant une maisonnette du Trust Fund de la région de Soupir. La fillette est toujours en observation à l’hôpital en raison de ses blessures et pour le suivi du choc psychologique subi. Les limiers du CID de Port-Mathurin et de Petit-Gabriel prévoient de procéder à une reconstitution des faits dans les meilleurs délais.
Encore sous l’effet du choc, la grand-mère Merline Baptiste revit le film des événements de la journée de vendredi. Vers midi, ce jour-là, l’alerte de la disparition de la petite fille, qui fréquente une école maternelle de la région, est donnée. “So mama galoupé dir mwa li pa pe truv so zanfan. Nou ine kumans rodé partout ek ine alle guetté kot vwazin. Pa truv li ditu. So mama ti pe kumans krye kuma ène dimoun fol”, raconte-t-elle à Week-End, alors que les marques de sympathie continuent à affluer devant ce drame quasi incompréhensible.
La panique s’installe au sein de la famille car il n’est pas dans les habitudes de la petite fille de s’éloigner du lieu où elle habite. Après presque deux heures de recherches ininterrompues, la mère de la victime passa dans les environs des lieux aménagés pour les besoins naturels des occupants de la maisonnette.
“Ene kut, mama ine tan kuma dir ene lavwa pe krié. Li appel nom so tifi ek li tan li réponn dan sourde dan latrine”, poursuit ce témoin oculaire de cette scène horrible.
Sans hésiter, la mère ouvre la porte de cette fosse d’aisance. Elle n’en croit pas ses yeux. “So mama ine rantr dan sa latrine-là et li ine truv so tifi latet deor ek so lekor dan pit-là. Li kryé ayo Jésus mo tifi fine mort dan privé”, ajoute la grand-mère qui revit la scène dans sa tête. Des proches et des voisins, qui participaient aux recherches, accourent sur les lieux.
La fillette tenait d’une main une barre de fer pour ne pas sombrer dans la fosse d’aisance, tout en gardant sa tête dehors. Prenant leur courage à deux mains, des proches et des volontaires parvinrent à la retirer de cette mare nauséabonde. La fillette, pleinement consciente, reçut un premier bain. Elle se plaignait de démangeaisons sur tout son corps, qui portait également des traces de blessures.
Transportée d’urgence à l’hôpital, elle confia à sa mère qu’elle avait été agressée sexuellement par son grand cousin. L’examen médical confirma qu’elle avait été sodomisée. À partir de là, une chasse à l’homme s’organisa, mais le suspect, un étudiant en Form IV, était parti à la pêche en haute mer.
Il a été appréhendé dans les environs du centre communataire de Soupir à son retour hier matin. Longuement entendu sur les circonstances de cette agression, en présence de sa mère, il a été placé en détention pour la suite de l’enquête policière.