Si dans l’affaire MedPoint Paul Bérenger juge que l’Independent Commission against Corruption (ICAC) « perd encore de sa crédibilité » dans la mesure où, notamment, la commission anticorruption ne s’est pas encore décidée à auditionner le ministre Rajesh Jeetah, en revanche, le leader de l’opposition accueille favorablement sa décision qu’enquêter d’une part dans l’affaire Rose-Belle Sugar Estate et, d’autre part, dans celle de recrutement à la Small & Medium Enterprise Development Authority (SMEDA). Il promet quand même de « suivre de près » la manière par laquelle ces deux enquêtes vont être menées.
Abordant encore une fois l’affaire MedPoint, M. Bérenger trouve que la « révélation de taille » faite cette semaine par Pravind Jugnauth et le MSM à l’effet qu’ils auraient « plus d’une fois » essayé de « convaincre » Navin Ramgoolam de ne pas aller de l’avant avec l’acquisition par l’Etat de la clinique MedPoint est « d’une importance considérable ». « La population, dit-il, est en droit de connaître toute la vérité ».
Le leader de l’opposition fait ainsi une « demande solennelle » pour qu’en dépit de l’Official Secrets Act, le compte-rendu de toutes les discussions du Conseil des ministres à propos du dossier MedPoint depuis 2010 soit rendu public. « Au cas contraire, dit-il, Navin Ramgoolam donnera à penser que tout ce qu’affirment Pravind Jugnauth et le MSM est fondé ».
Paul Bérenger trouve encore une fois que de plus en plus l’ICAC « perd de crédibilité ». Après que, dit-il, l’affaire Chady/Boskalis aura été, selon lui, « enterrée », c’est cette fois « celle de Permamode/Dullul qui court le risque de l’être ». Le leader de l’opposition juge de nouveau « choquant » que le ministre Rajesh Jeetah, « qui était au ministère de la Santé quand, cinq jours avant les dernières élections tout le scandale a démarré quand un caretaker government a lancé un appel d’offres taillé sur mesure pour le projet d’hôpital gériatrique », n’a toujours pas été auditionné par l’ICAC dans l’affaire MedPoint.
Évoquant par la suite les malversations alléguées à la State Trading Corporation (STC), Paul Bérenger explique que, quand il avait rendu public une draft copy du rapport d’Insight Forensic de Me Roshi Bhadain, il avait alors appelé le gouvernement à publier le rapport final lui-même et à en remettre une copie à la police.
Alors que, souligne-t-il, le dénommé Ah Fat Lan-Hing Choy a choisi de poursuivre en diffamation l’ex-ministre MSM du Commerce Showkutally Soodhun, M. Bérenger appelle de nouveau le Premier ministre à rendre public le rapport final de Roshi Bhadain, d’en remettre une copie à la police et de demander à cette dernière d’agir.
De l’ICAC, le leader de l’opposition accueille quand même favorablement l’ouverture d’une enquête dans ce qu’il appelle le « scandale des 27 arpents de Rose-Belle Sugar Estate » dans lequel, souligne Paul Bérenger, le nom du ministre de l’Agro-industrie, Satish Faugoo, a été cité.
Accueil tout aussi favorable de M. Bérenger de l’ouverture parallèle d’une autre enquête dans l’affaire de recrutement à la Small & Medium Enterprise Development Authority (SMEDA) du temps où Michaël Sik Yuen en était le ministre de tutelle. Dans les deux cas, le leader de l’opposition promet qu’il « suivra de près » comment l’ICAC mène ces enquêtes.
Colas : « éléments explosifs ! « 
Par ailleurs, Paul Bérenger trouve qu’il aura fallu qu’il « dénonce » le ministre des Infrastructures publiques, Anil Baichoo, pour que ce dernier se décide finalement à rendre publique copie des contrats de construction alloués à l’entreprise AJMC Colas depuis 2007. Chose que l’opposition, dit-il, attendait « depuis un an ».
Expliquant que dans ce cas il sollicite « un avis d’experts », le leader de l’opposition trouve malgré tout que, déjà, certains éléments rendus publics seraient « explosifs ». Il note, entre autres, que de janvier 2007 à juillet 2010 cette entreprise de travaux publics a bénéficié de contrats d’un montant global de Rs 5,176 milliards.
Paul Bérenger note aussi que dans le cas du projet de voie d’accès au Triangle de Réduit, alors qu’initialement le contrat avait été alloué pour un montant de Rs 287 millions, les travaux après des « variations » et « ajustements » auront finalement coûté Rs 354 millions, soit Rs 67 millions de plus qu’initialement prévu. Dans le cas de ce projet, il indique que le soumissionnaire, qui avait au départ coté la somme la moins conséquente après Colas, à savoir, le tandem Gamma/Beijing Construction, avait soumis une offre de Rs 302 millions.
Évoquant le projet d’agrandissement de l’autoroute M1, Paul Bérenger note encore qu’au départ le contrat avait été alloué à Colas pour Rs 206 millions, mais qu’à la fin des travaux ceux-ci auront coûté Rs 249 millions, soit, Rs 43 millions de plus. Dans cet autre cas, le soumissionnaire à l’offre initiale la moins chère après Colas était l’entreprise RG-Trio, qui avait coté Rs 221 millions pour le projet.
M. Bérenger notre encore que pour quatre autres projets, les documents rendus publics par le ministre Baichoo ne précisent que l’achèvement des travaux sans faire mention des coûts. Pour quatre autres plus importants projets toujours en cours de réalisation, Paul Bérenger rappelle que les tender prices de Colas se chiffrent à Rs 3,7 milliards. « Nous verrons bien, dit-il, à quels coûts ces travaux seront finalement livrés ! »
À ce même chapitre, M. Bérenger ne manque pas de faire mention d’une affaire de bourse en dentisterie en Chine allouée, dit-il, au fils d’une Senior Advisor attachée au Prime Minister’s Office, alors que le boursier concerné par cette formationpost-graduate ne serait même pas encore enregistré comme chirurgien-dentiste auprès du Dental Council, avance-t-il.
Évocation aussi du « refus » du lord-maire de donner des détails quant aux allocations versées à des organisations de la capitale en marge de la célébration de la fête Eid-Ul-Fitr.