Le secteur de la logistique et du transport est essentiel pour le développement économique. En dépit de l’éloignement des principaux marchés européens et américains, de nombreux obstacles demeurent en Afrique. « Beaucoup de gens veulent s’y rendre, mais il y a de nombreux défis contraignants sur ce continent », déclare le président de The Chartered Institute of Logistics and Transport (CILT) Mauritius, Naden Padayatchi. Ce dernier organise les 9 et 10 mars une conférence internationale sur la logistique et le transport intitulée “The Africa Forum 2016”, qui sera selon toute probabilité inaugurée par le Premier ministre sir Anerood Jugnauth.
La logistique et le transport englobent tout type de moyen permettant des connexions internationales propices au développement. Ce secteur est d’une importance capitale dans l’épanouissement des économies. Naden Padayatchi relève : « Il faut un soutien logistique solide et efficace pour opérer convenablement. Cela implique de véhiculer les gens et les marchandises en un temps raisonnable et dans de bonnes conditions. » D’autant plus qu’aujourd’hui les gens veulent acquérir leurs produits le plus rapidement possible.
« Auparavant, un client apprenait l’arrivée de son produit lorsque celui-ci est vraiment arrivé au port. Désormais, avec le “tracking”, il peut suivre le voyage de son produit n’importe où dans le monde jusqu’à sa destination finale », indique l’interlocuteur. De fait, avec le développement de l’industrie et du secteur de la logistique, les clients seront encore plus “demanding”. « Une logistique plus solide capable d’accompagner le développement économique devra être mise en place », soutient Naden Padayatchi. Pour le moment, plus de 10 000 personnes travaillent dans ce secteur à Maurice.
S’agissant de la conférence “The Africa Forum 2016”, le président du CILT indique : « L’Afrique, c’est l’avenir, et CILT veut mettre en place une plateforme pour faciliter le réseau et la communication entre toutes les parties concernées par le développement du continent. Le but étant de dégager une stratégie commune et une synergie afin d’y amener une efficience. »
Maurice pourrait tirer avantage de cette stratégie, principalement au niveau de la connexion aérienne et maritime avec l’Afrique. « Notre pays a un grand rôle à jouer dans le développement de l’Afrique. Comme c’est le cas pour Dubaï au Moyen-Orient, qui est devenu un hub aérien pour le monde entier, pourquoi ne pas mettre en place à Maurice un hub pour accueillir tous ceux qui veulent se rendre en Afrique ?? Au début, une telle initiative ne sera pas profitable, c’est sûr. Mais on aura l’avantage compétitif en commençant tôt. On pourra ainsi, demain, créer un volume important et devenir profitable », avance Naden Padayatchy.
Selon lui, le secteur maritime agit déjà dans cette optique « avec de nombreux bateaux qui passe près des côtes mauriciennes pour se rendre en Asie ». Et d’ajouter : « Le business, aujourd’hui, se passe entre l’Asie et l’Afrique. Et Maurice est au milieu, ne l’oublions pas ! »
En Afrique, les hommes d’affaires et autres investisseurs se heurtent à de grandes difficultés, tels le manque d’infrastructures, les conflits et les guerres civiles. « Ce sont autant de défis à relever, mais les changements s’opèrent », affirme Naden Padayatchi. Outre des présentations à Maurice, cette conférence sera également axée sur la logistique et le transport ainsi que sur l’importance stratégique des chemins de fer en Afrique.