La Chine souhaite utiliser Maurice comme plateforme financière pour des investissements en Afrique. C’est un des points forts de discussions entre le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, en visite depuis dimanche dans l’île, et les autorités mauriciennes. Il quitte le pays cet après-midi pour se rendre au Mozambique avant de poursuivre sa tournée en Grande-Bretagne et en Namibie puis regagner Pékin.
Le chef de la diplomatie chinoise a rencontré ce matin le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, et la présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim. Cette dernière est rentrée au pays ce matin après avoir participé durant le week-end au sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine, qui s’est tenu à Addis-Abeba. Le ministre chinois des Affaires étrangères a eu une session de travail hier après-midi au Hilton avec une délégation ministérielle mauricienne dirigée par son homologue mauricien, Etienne Sinatambou. La délégation comprenait notamment la ministre de l’Education Leela Devi Dookhun, le ministre des PME Soomilduth Bholah, le ministre de l’Économie océanique Prem Koonjoo, le ministre de la Culture Dan Baboo et le ministre de la Fonction publique Alain Wong.
Dans sa déclaration à la presse hier, Wang Yi a exprimé la volonté de la Chine d’inclure l’Afrique dans son projet de « la route de la soie ». Maurice y est appelée à jouer un rôle majeur dans la mesure où la Chine compte utiliser notre pays comme plateforme financière afin d’investir sur le continent. Le ministre a aussi précisé que la Chine est d’accord avec l’idée de la création d’une zone d’échanges préférentiels entre nos deux pays. Il a aussi souhaité un accord bilatéral dans le domaine de l’économie océanique.
La session de travail d’hier après-midi à permis d’évoquer différentes avenues de coopération entre nos deux pays. Ainsi, dans le cadre du Forum de coopération entre la Chine et l’Afrique, Maurice a sollicité l’aide chinoise pour le développement des “Smart Cities”. Il a aussi été question de la possibilité pour Maurice d’exporter nos sucres spéciaux vers la Chine. C’est dans ce contexte que la possibilité d’instituer un comité technique en vue de discuter de la mise en place d’un accord de libre-échange avec la Chine a été évoquée.
Dans un premier temps, la Chine et Maurice sont d’accord pour la création d’une zone d’échanges préférentiels. La question d’équivalence des certificats ainsi que l’établissement d’un Confucius institute ont  été évoqués par la ministre de l’Education, Leela Devi Dookhun. L’aide chinoise pour la transformation du centre de formation du Mauritius Institute of Training and Development de Côte-d’Or en un “full fledged vocational training” a été sollicitée. Dans le cadre de l’arbitrage international, le ministre Sinatambou a évoqué la possibilité pour la Chine de créer une “China International Economic and trade Arbitration Commission” à Maurice, ce qui permettrait de résoudre des conflits impliquant les entreprises chinoises en Afrique. Le ministre Santaram Baboo a pour sa part parlé du projet de construction d’un bâtiment pour abriter la librairie nationale et les archives nationales. Le ministre Prem Koonjoo a élaboré sur les possibilités de coopération dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture alors que con collègue de la Fonction publique, Alain Wong, a évoqué la possibilité d’une coopération au niveau de la formation dans la fonction publique, notamment en ce qui concerne la construction d’un Civil Service College.
Finalement, le ministre Sinatambou a parlé de la coopération entre Maurice et la Chine au niveau international, notamment en ce qui concerne la réforme des Nations Unies et l’élargissement du Conseil de sécurité. Le ministre Wang Yi a, dans l’ensemble, donné son accord concernant les projets  soumis par Maurice.