À l’ouverture de la réunion annuelle des banques centrales d’Afrique à l’hôtel Maritim ce matin, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a insisté sur l’importance que la croissance aille de pair avec la justice sociale. La cérémonie d’ouverture a été marquée par la lancement officiel des nouveaux billets de banque de Rs 25, Rs 50 et Rs 500 respectivement en polymère. Ces billets seront en circulation en même temps que ceux en papier.
Le Premier ministre a, dans son discours, passé en revue la politique financière sur le continent africain et les défis auxquels les banques centrales auront à faire face à l’avenir. Il a exprimé la crainte qu’au moment de la reprise économique dans les pays développés le flot des investissements de capitaux dont bénéficient actuellement les pays émergents se raréfie au profit des pays développés. Il a insisté sur la nécessité pour les banques centrales d’exercer un contrôle à travers des réglementations.
Navin Ramgoolam a aussi insisté sur l’importance non seulement de la stabilité financière mais de l’intégration financière. La croissance, dit-il, va de pair avec la justice sociale. Dans ce contexte, il a souligné la nécessité pour les petites et moyennes entreprises d’avoir accès aux crédits financiers. Il a évoqué le travail abattu à ce niveau par la Banque de Développement, qui met des crédits à la disposition de ces entreprises à des taux subventionnés.
Pour sa part, le gouverneur de la banque centrale, Manou Bheenick, a expliqué que c’est la première fois que l’Association des banques centrales d’Afrique tient ses assises à Maurice. « Nous avons droit à une participation record. C’est tout à fait au crédit de Maurice de voir l’intérêt des dirigeants des banques centrales pour voir ce qu’a fait Maurice en matière de stabilité financière, de stabilité monétaire et de développement économique et social », dit-il.
Le gouverneur de la Banque centrale a aussi dit avoir saisi l’occasion pour lancer la nouvelle génération de billets de banque avec une technologie moderne et des sécurités accrues. « Nous espérons que ce lancement nous permettra graduellement d’introduire les autres billet en polymère de sorte nous puissions remplacer la famille de billets dont nous disposons actuellement ».
S’agissant de l’agenda de l’Association des banques centrales, il a expliqué que la réunion permettra de réfléchir sérieusement sur le calendrier établi avant la crise pour mener dans la direction de la Communauté économique africaine avec tout ce qui va avec, à savoir une Banque centrale, une monnaie unique et des institutions financières sur le plan continental. « Nous croyons qu’il est bon de continuer à oeuvrer dans cette direction mais il faut être plus prudent et plus réaliste d’autant plus que le modèle sur lequel on s’appuyait connaît des déboires énormes. Tout le monde connaît ce qui se passe dans la zone euro. On insistera pour que les gouverneurs prennent cette position commune de sorte qu’on puisse passer ce message à nos décideurs politiques au niveau des chefs d’État », affirme Manou Bheenick.
L’Association des banques centrales d’Afrique a été créée en 1965 dans le sillage du sommet des chefs d’État africain à Addis Abeba en 1963. Ce sommet avait décidé de créer un comité économique préparatoire pour étudier les questions financières et monétaires avec l’aide de la commission économique des Nations unies pour l’Afrique. Aujourd’hui, l’association compte quarante membres. Son but est de promouvoir la coopération dans les domaines monétaire, bancaire et financier dans la région africaine. Elle doit aussi aider à la formulation des guidelines en accord avec les pays africains dans les domaines monétaire, bancaire et financier. Elle doit également aider à la consolidations des efforts visant à maintenir la stabilité financière dans la région africaine, examiner l’efficacité des institutions économiques et financières dans lesquelles les pays africains ont des intérêts et proposer des améliorations.