Initialement prévu pour la fin de ce mois, le forum de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) se tiendra les 12 et 13 août prochains à Addis Abeba. On prête l’intention au ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Arvin Boolell, de diriger une délégation mixte secteur public/secteur privé à ce forum.
Placé sous le thème « La transformation durable par le truchement du commerce et de la technologie », le forum 2013 de l’AGOA comprendra différents volets : 1) une réunion ministérielle de haut niveau pour discuter de l’avenir de la coopération économique et commerciale entre les États-Unis et les pays d’Afrique subsaharienne, 2) une session axée sur les enjeux et opportunités de développement et de coopération au niveau du secteur privé, 3) une réunion de travail pour discuter des programmes touchant la société civile. Le Corporate Council on Africa (CCA) en collaboration avec l’Ethiopian Chambers of Commerce and Sectoral Associations (ECCSA) organisera, par ailleurs, une exposition sur les échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne.
Les ambassadeurs de différents pays africains éligibles sous l’AGOA en poste aux États-Unis ainsi que des représentants de l’Union africaine dans ce pays et des officiels de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique et de la Banque Mondiale ont eu récemment à Washington une réunion de travail en préparation du 12e forum de l’AGOA. L’objectif consistait à dégager une position commune concernant la direction future des relations économiques et commerciales entre l’Afrique et les États-Unis. Les participants, dont l’ambassadeur de Maurice, Somduth Soburun, se sont penchés, entre autres, sur les scénarios possibles sur ce qui adviendrait à l’AGOA lorsque ce traité expirera dans un peu plus de deux ans. « Having been able to effectively lobby for the extension of the third country fabric provision as directed by the Kigali declaration, and successfully securing of its extension, the AGOA Ambassadors Group has now focused its attention to engaging with the United States partners to work towards the extension of AGOA, beyond its expiration in 2015 », indique-t-on dans les milieux africains.
L’AGOA a été mis à exécution en 2000 en vue de promouvoir le développement et les réformes économiques en Afrique et d’accroître les opportunités d’affaires pour les investisseurs et entreprises américaines en Afrique. Le texte de loi prévoit l’accès hors taxes et sans quota pour environ 1 800 produits fabriqués en Afrique subsaharienne en sus des 4 600 produits bénéficiant des privilèges sous le système généralisé des préférences en vigueur depuis 2000. Actuellement, 41 pays africains sont éligibles sous l’AGOA. Le texte a été amendé en cinq occasions à la demande des pays bénéficiaires en vue d’élargir la couverture des produits qui pourraient être exportés vers les États-Unis et également pour le renouvellement des dispositions Third Country Fabric. Ces dispositions permettent aux pays producteurs textiles africains, dont Maurice, d’importer leurs matières premières de pays tiers pour ensuite exporter les produits finis vers les États-Unis sans aucun droit de douane.
Lors de leur réunion de travail à Washington, les ambassadeurs africains ont demandé à l’UNECA, par le truchement de la mission de l’Union africaine, d’entreprendre des études en vue d’aider le continent à développer une position commune sur plusieurs dossiers.
Par ailleurs, il est estimé que les échanges commerciaux entre l’Afrique et les États-Unis ont plus que triplé au cours des quinze dernières années, passant de US $ 31 milliards à US $ 99 milliards. De 2000 à 2012, indiquent les milieux officiels, l’AGOA a permis aux pays africains éligibles d’exporter vers le marché américain des produits pour une valeur de US $ 424 milliards.