L’article du Mauricien paru samedi dernier, et concernant d’importants problèmes au niveau des études secondaires à Agaléga, n’a pas laissé indifférent des travailleurs sociaux qui se rendent dans l’archipel régulièrement. L’association Les Amis d’Agaléga et des professionnels de l’éducation suggèrent aux autorités concernées d’organiser « au plus vite » un atelier de travail consacré à l’éducation dans l’archipel. Le dossier Agaléga pourrait occuper une bonne place lors de la prochaine réunion mensuelle du board de MEDCO. Certains de ses membres affirment que des « mesures ont déjà été prises pour améliorer la situation à MEDCO Agaléga », dont des dépenses de Rs 535 000 pour l’achat d’équipements.
« Il est vrai qu’il faudrait améliorer les infrastructures de MEDCO Agaléga pour qu’il y ait un bon environnement, mais cela ne suffit pas pour motiver les jeunes Agaléens à venir à l’école et à être assidus dans leurs études », croit Claude Medar, porte-parole de l’association Les Amis d’Agaléga. « Ce qu’il faudrait faire au plus vite, afin qu’il n’y ait plus de 0% de réussite à la fin du primaire, comme c’était le cas l’an dernier, c’est une réflexion en profondeur sur tout ce qui concerne l’éducation à Agaléga. Bizin get tou bann aspe problem-la. Lavi dan Agalega pa parey kouma dan Moris ek dan Rodrigues. Sistem edikasion dan Agalega bizin pran an konsiderasion bann realite-la », soutient-il.
Les responsables de cette association souhaitent que ce travail de réflexion inclue les aspects suivants : le contenu du programme d’études et la pédagogie, le système d’évaluation, les critères pour le recrutement du personnel enseignant, la question linguistique, les horaires de l’école, le choix des matières au niveau du secondaire, la gestion des écoles, les infrastructures, les parents et les Stakeholders de l’éducation primaire et secondaire.
D’autres personnes ayant visité Agaléga plus d’une fois, dont des professionnels de l’éducation, abondent dans le même sens que les animateurs de l’association Les Amis d’Agaléga. « L’investissement financier seul ne suffit pas pour rehausser le niveau de l’éducation là-bas. Pour moi, l’aspect le plus important pour la réussite scolaire des Agaléens est l’apport des ressources humaines. Nous avons entendu beaucoup de critiques dans le passé sur le manque d’engagement de ceux qui étaient en poste. Est-ce que les personnes choisies par le ministère de l’Éducation et par le board de MEDCO pour partir travailler dans l’archipel ont vraiment à coeur le progrès des jeunes Agaléens ? Comment recrute-t-on ces personnes ? » questionne le cadre d’un organisme parapublic, qui connaît bien Agaléga. Que ce soit pour enseigner au primaire ou au secondaire dans les écoles à Agaléga, ce dernier se prononce en faveur d’un appel à candidatures, ouvert tant aux employés des écoles d’État qu’à ceux du privé subventionné.
D’autres se demandent si toutes les conditions sont réunies pour proposer des classes jusqu’en Form V et si les élèves sont bien encadrés et bien préparés pour prendre part aux premières épreuves de SC, qui se dérouleront peut-être dans l’archipel l’année prochaine. « Ce sont des questions que nous devons aborder en toute franchise dans le but d’avancer dans la même direction pour le bien d’Agaléga », ajoute ce cadre.
Selon nos renseignements, des responsables de MEDCO à Maurice ne sont pas contents du constat peu reluisant sur MEDCO Agaléga qu’ont fait des représentants de plusieurs organismes en mission récemment, dont des inspecteurs de la PSSA. « Ce que nous voyons devant nous peut donner lieu à diverses interprétations. Nous sommes des professionnels et nous avons à coeur la situation des enfants agaléens. D’ailleurs, nous avons voté un gros budget en décembre dernier pour apporter des améliorations à l’école et nous avons dépensé Rs 535 000 pour l’achat d’équipements. Il y a des signes de progrès mais, malheureusement, certaines personnes ne voient que les points négatifs », dit au Mauricien un des responsables de ce collège. Selon ce dernier, MEDCO, avec la collaboration du Mauritius Institute of Education (MIE), organisera un atelier de travail durant les prochaines vacances, au mois d’août, axé sur l’éducation secondaire dans l’archipel.