Les autorités de la santé auraient mal géré la communication sur la grippe H1N1, ce qui a eu pour résultat un manque d’information sur la maladie auprès des Mauriciens, a d’emblée décrié Alan Ganoo, le président du Mouvement Patriotique, lors de la conférence de presse hebdomadaire du parti hier après-midi. Selon Alan Ganoo, le ministère de la Santé aurait dû avoir initié une campagne de communication agressive dès le premier cas détecté et non attendre qu’il y ait mort d’homme pour rendre compte de la situation par le biais d’une conférence de presse. Après le décès d’une troisième personne hier, Alan Ganoo est d’avis que la situation s’est « aggravée. » Le président du MP a demandé l’introduction au plus vite d’un système digital et moderne à l’intention des professionnels de la santé afin de les informer sur la prévalence des maladies contagieuses. Cette mesure, a-t-il dit, aidera à améliorer le traitement et à faire le suivi des malades.
Abordant le dossier brûlant  d’Agaléga, Alan Ganoo est d’avis que le comité interparlementaire sur les Chagos pourrait inclure l’archipel dans leur agenda. Cette initiative, a-t-il laissé entendre, rassurerait la population par rapport aux craintes émises sur l’intérêt que porte l’Inde à Agaléga. Et ce, à des fins militaires et  pour des raisons géopolitiques. « Le gouvernement ne doit pas encourager le dépeuplement d’Agalega », a fait ressortir Alan Ganoo. « Le débat sur Agaléga doit rester dépassionné », a-t-il ajouté en faisant référence à la déclaration du Premier ministre, Pravind Jugnauth, sur l’accostage des navires de guerre français, entre autres, à Maurice lorsque celui-ci répondait à la presse à propos du développement dans l’archipel. ?Alan Ganoo a demandé que l’accord signé entre l’Inde et Maurice soit mis à la disposition du public, au nom de la transparence. Avec la participation indienne dans l’aménagement de la piste d’atterrissage dans l’île, le gouvernement, a-t-il dit, doit « prendre l’engagement qu’Agaléga restera accessible à tous les Mauriciens et ne deviendra pas une zone interdite. »?Le MP, qui a également commenté la ligne de crédit à hauteur de Rs 18 Mds, se dit convaincu que ce prêt « aura un impact important sur l’économie », d’autant que le disbursement schedule n’a pas été divulgué. Alan Ganoo a émis des craintes quant à des risques d’inflation de plus de 3% non sans conséquences sur l’économie domestique et l’exportation. Avec une dette publique de Rs 228 milliards, la dette totale de Maurice, a-t-il fait ressortir en analysant les implications de l’enveloppe accordée par l’Inde, dépasse les 65% du PIB. Soit plus que le seuil critique préconisé par l’Union européenne. ?La ligne de crédit serait, selon lui, une manne pour éviter des critiques des institutions internationales, à l’instar du Fonds monétaire international ou l’agence Moody’s. « C’est pour éviter une telle situation que le Premier ministre est venu avec cette colourable device », a affirmé Alan Ganoo. Et de souligner que même si l’Inde est notre biggest trade partner, le gouvernement « n’a pas le droit de marchander notre souveraineté. »?D’autre part, se disant étonné que la récente réunion du comité interparlementaire sur les Chagos cette semaine n’ait pas eu d’écho dans les médias, le président du MP a dit souhaiter ardemment que l’ex-Premier ministre Navin Ramgoolam, l’ancien leader de l’opposition Paul Bérenger, ainsi que son successeur, Xavier-Luc Duval, puissent faire partie de la délégation mauricienne qui sera présentée aux Nations unies pour le vote de la résolution sur la revendication mauricienne sur les Chagos le 22 juin. Alan Ganoo a eu une pensée spéciale pour le leader du MMM, l’initiateur du combat pour la reconnaissance de la souveraineté de Maurice sur les Chagos, a-t-il dit. ?« Nous allons vivre un moment historique », a déclaré Alan Ganoo. Ce dernier a aussi expliqué qu’il avait le « sentiment que le gouvernement aurait dû avoir fait de son mieux pour rallier tous les États-membres des Nations unies à sa cause. »?