Les députés Shakeel Mohamed et Adil Ameer Meea rendront visite à leurs mandants à Agalega dans une atmosphère assez tendue depuis le début de l’année. Ces deux premiers mois ont été marqués par des manifestations de mécontentement des habitants à cause de plusieurs problèmes et leur colère a été ravivée par des déclarations controversées du ministre Hervé Aimée lors de sa récente visite. Le ministre Mohamed indique au Mauricien que depuis début janvier il faisait des démarches pour un déplacement dans l’île avec la possibilité d’en faire profiter le député du MMM qui a exprimé le souhait à plusieurs reprises de s’y rendre. Paul Bérenger, qui avait visité Agalega en 2004 alors qu’il était Premier ministre, a fait part au Mauricien ce matin de sa « profonde colère » au sujet des problèmes auxquels font face les habitants et comprend, dit-il, leur « exaspération ».
Selon nos informations, le dossier Agalega a occupé une bonne place lors de la réunion du Bureau Politique du MMM d’hier après-midi et à laquelle participait Paul Bérenger. Ce dernier, qui a suivi avec attention en début d’année les mouvements de protestation des Agaléens, a dit au Mauricien ce matin, qu’il a eu l’occasion juste avant son départ pour Paris de parler avec un groupe d’habitants qui s’étaient réunis ce jour-là en un seul lieu pour un contact téléphonique avec lui. Il leur a assuré son soutien. Paul Bérenger ajoute qu’Agalega était l’une des questions qu’il a évoquées avec le Premier ministre le jour de son départ lors d’une rencontre à Clarisse House. « J’avais également insisté auprès de Navin Ramgoolam sur la nécessité que les députés de la circonscription aient la possibilité de se rendre à Agalega régulièrement ».
« La situation est dramatique, mo revolte », poursuit Paul Bérenger, s’agissant de la situation actuelle dans l’île. Celui-ci rappelle les projets réalisés durant la période 2000-2005 par le gouvernement MSM/MMM pour l’amélioration de la qualité de vie des habitants d’Agalega. « Nou ti fer boukou kitzoz pou amelior sitiasion sir plas sirtou dan domenn edikasion ek lasante. Mo bien revolte parski sitiasion pa finn ameliore depi 2005 », affirme Paul Bérenger. Un des projets qu’il avait aussi à coeur était la constitution d’un Island Council qui aurait eu, précise-t-il, « un vrai rôle » avec des représentants élus. Il affirme que ce projet était bien avancé mais que le gouvernement d’alors n’a pas eu le temps de mettre cette instance en place en raison de la proximité des élections.
Selon Paul Bérenger, l’aménagement d’une piste d’atterrissage était considéré par le gouvernement MSM/MMM comme une urgence pour désenclaver l’île et il affirme que le gouvernement d’alors s’y était attelé avec détermination et vigueur. « Les procédures avaient été complétées en 2004 et le projet devait être réalisé et financé par le gouvernement indien », rappelle Paul Bérenger, qui reproche au gouvernement de Navin Ramgoolam de n’avoir pas rien fait depuis 2005 pour accélérer le processus de construction. « A lepok lapist-la ti deza dan enn letat deplorab e li vinn plis deteryore. C’est un échec du gouvernement Ramgoolam ». Paul Bérenger déplore également le gel d’un projet touristique proposé par une entreprise mauricienne qui était également selon lui à un « stade très avancé » lorsque le MSM/MMM a quitté le gouvernement. « Par fanatisme politique ce projet a été gelé par le gouvernement travailliste », dit-il.
Shakeel Mohamed et Adil Ameer Meea seront côte à côte demain pour cette visite d’une journée à Agalega. À signaler que ce voyage à bord du Dornier est organisé et financé par le ministère du Travail dont le ministre est aussi le député de la circonscription. Ce voyage coûtera Rs 240 000 au ministère.
Dans une déclaration au Mauricien ce matin, Shakeel Mohamed dit qu’il s’y rend pour rencontrer ses mandants mais aussi en tant que ministre du Travail afin de discuter avec les employés de l’OIDC qui lui ont fait part de leurs problèmes. « J’ai fait part au Premier ministre depuis le début de l’année de mon intention de me rendre dans l’île. Mon ministère a pu organiser ce déplacement et j’ai demandé au député Ameer Meea de m’accompagner. Je dois dire que nous étions en contact régulièrement au sujet de ce projet de visite dans l’île et je suis content de pouvoir faciliter ce déplacement ». Le ministre indique qu’il ira annoncer certains projets aux Agaléens, tels la construction d’une médiclinique qui offrira un service de santé nettement mieux équipé et moderne. « Il ne sera plus nécessaire aux habitants de quitter l’île pour des soins qui peuvent être prodigués dans l’île. Les Agaléennes n’auront plus besoin de venir à Maurice pour accoucher », explique le ministre Mohamed. Se rend-il aussi dans l’île pour apaiser la colère des Agaléens à la suite des « propos insultants » du ministre Hervé Aimée à leur égard ? « L’heure n’est plus aux palabres. Je n’étais pas dans l’île lors de la visite de mon collègue le dimanche 11 février et je ne sais pas ce qui a été dit. Nous devons nous concentrer sur l’essentiel qui est à mon avis l’avenir de cette île et l’intérêt de ceux qui y résident. Je pense que le député Ameer Meea ainsi que l’Église catholique et tous ceux qui sont en service dans l’île pensent la même chose. Ma présence là-bas et celle du député Ameer Meea démontrent clairement que nous l’avons à coeur », répond Shakeel Mohamed.