Un incident entre enseignants postés à la MEDCO Lower Secondary School où l’un d’entre eux a dû recevoir des soins à l’hôpital remet sur le tapis la question de la consommation d’alcool. Même si cela s’est passé après les heures de classe, le comportement inapproprié de certains enseignants est déploré par des habitants de l’île. Qui plus est, cette affaire a pris une nouvelle dimension après que l’enseignant qui a porté plainte contre ses collègues sous l’effet de l’alcool a reçu un warning du Manager de MEDCO Agalega, basé à Maurice.
Les syndicats et le ministère de l’Éducation ont été alertés cette semaine sur un cas considéré comme étant « une injustice » et impliquant trois enseignants basés à Agalega. Tout a débuté le mois dernier quand un enseignant et son Officer in Charge ont commencé à faire du bruit dans un des appartements après une partie de beuverie. Le troisième enseignant a alors demandé à l’Officer in Charge, qui a son appartement personnel, d’aller chez lui car son comportement le dérangeait. Une bagarre s’est ensuivie et le troisième enseignant a été blessé au bras et a reçu des soins à l’hôpital.
Après cet incident, l’enseignant a porté plainte contre ses deux collègues à la police et aux autorités responsables du collège à Maurice. Mais à sa grande surprise, il a reçu cette semaine un avertissement du manager de MEDCO Agalega LSS, S.C. Japal. Sollicité par Le Mauricien sur ce sujet, ce dernier reconnaît les incidents qu’il considère comme « sans gravité » et affirme toutefois que les deux enseignants ainsi que l’Officer in Charge ont reçu un avertissement également. « Je regrette qu’on veuille donner une autre tournure à cette affaire », a-t-il ajouté.
Ce nouvel incident exaspère les habitants de l’archipel car cela fait longtemps que la consommation d’alcool par les enseignants qui y sont postés pose problème. Qui plus est, on laisse comprendre que depuis que le gouvernement accorde une disturbance allowance, « on se bat pour venir travailler à Agalega. On aurait préféré qu’il y ait des gens committed avant tout ».
Cette allowance prévoit en effet une allocation supplémentaire de 60 % du salaire de l’enseignant, ainsi qu’une motivation allowance de Rs 2 200 et un voyage aller-retour pour l’épouse de l’enseignant et trois enfants au maximum. On se demande également si c’est une coïncidence que la personne nommée Officer in Charge au MEDCO Agalega LSS est un ancien collègue du manager à Maurice. De même, certains ne comprennent pas pourquoi il y a quatre enseignants dans ce collège où il n’y a qu’une quinzaine d’élèves.
Dans le milieu éducatif à Maurice, on laisse entendre que ce n’est pas la première fois que survient un incident impliquant des enseignants sous l’effet de l’alcool à Agalega. Toutefois, tous ne remontent jusqu’à la PSSA, qui est l’autorité habilitée à prendre des sanctions. On se demande ainsi si les responsables ne cherchent pas à couvrir certains. Souvent, c’est lorsque l’inspecteur de la PSSA se rend dans l’île qu’il prend connaissance des incidents par les autorités de l’île. Mais à ce moment là, souvent les enseignants concernés ne sont plus en poste à Agalega car les contrats sont pour une année.
M. Japal, de son côté, affirme qu’il ne peut « contrôler les enseignants en dehors des heures de classe ». Il ajoute cependant que tous ceux qui sont postés à Agalega doivent respecter un code de conduite car ils occupent un poste qui nécessite le respect. Concernant le nombre d’enseignant postés dans l’île, M. Japal déclare que ceux-ci ont beaucoup de responsabilités et enseignent deux à trois sujets à la fois. « Je rappelle qu’il s’agit de classes de lower secondary, soit de Form I à III. A partir de la Form IV, ils viennent à Maurice pour compléter leurs études. Ces enseignants ont la formation nécessaire pour enseigner les matières qui leur ont été attribuées ».
Notre interlocuteur insiste encore une fois qu’il ne faut pas donner une dimension exagérée à cet incident. « Ce sont des choses qui arrivent comme à Maurice ». Dans le milieu syndical, on dit toutefois suivre cette affaire de près. On veut surtout s’assurer que l’Officer in Charge et son compagnon de beuverie ont aussi reçu un warning comme l’affirme M. Japal. De son côté, la police enquête toujours après la plainte de l’enseignant blessé.