Une année après les visites des ministres Hervé Aimée et Shakeel Mohamed à Agaléga, lors desquelles bien de promesses ont été faites pour une amélioration des conditions de vie, les habitants sont amers devant le statu quo. Il existe un sentiment de colère dans l’archipel et les habitants se rencontreront  aujourd’hui pour décider des actions qu’ils comptent entreprendre pour exprimer leur mécontentement au sujet des principaux projets que les autorités tardent à mettre en chantier. Pourtant, du côté de l’Outer Islands Developement Corporation, on affirmait hier après-midi au Mauricien que « ces projets sont en bonne voie ».  
« Promes lor promes, me tou ankor parer. Nou ankor pe atan lapis laterisaz, enn nouvo lopital ek enn nouvo por… Agaleen byen an koler ! » Tel est le sentiment qui prévaut dans l’archipel. « Zot dir “pou fer-pou fer”, me nou pa trouv oken signe. Pa kone kan sa pou realize et depi lemwa fevryer bann abitant pe dir ki bizin zwen », dit Arnaud Poulay, qui fait partie de l’équipe “Reprezantan travayer” qui, ces derniers jours, a mobilisé les habitants en vue de la réunion d’aujourd’hui, laquelle se tiendra au Centre L’Arche de Noë à 13h. Des affiches invitant à cette rencontre  ont été placardées dans plusieurs endroits de l’Île du Nord.
Tous ceux qui ont eu l’occasion de visiter Agaléga ces dernières années reconnaissent que les trois demandes principales des Agaléens sont des urgences dans l’île. Pour rappel, au début de l’année dernière, les familles avaient élevé la voix et organisé des manifestations pour protester contre ce qu’ils qualifiaient d’« indifférence » des autorités mauriciennes envers leurs requêtes. Mais Hervé Aimée, ministre des Îles éparses, furieux que les habitants aient osé le critiquer – et mécontent aussi d’un document au ton très sévère  de l’ICJM sur la gestion de l’île –, s’était rendu dans l’archipel pour leur donner la réplique. Et ses propos, au lieu d’être rassurants, avaient jeté la consternation parmi les Agaléens. Dans le sillage de cette sortie en règle d’Hervé Aimée, le ministre Shakeel Mohamed et le député mauve Adil Ameer Mea – les deux  représentants d’Agaléga au Parlement – sont allés visiter leurs mandants avec un ton beaucoup plus réconfortant. lls découvraient aussi pour la première fois l’archipel et ont admis, au bout de leur visite, la nécessité d’une piste d’atterrissage et d’une nouvelle jetée, de même que de doter Agaléga d’un nouvel hôpital moderne.
Une année plus tard, ces trois projets, pourtant bien présentés sur papier, demeurent un rêve pour les  habitants. « C’est ok pour la piste d’atterrissage et pour la jetée. Le gouvernement a obtenu le financement requis et on entreprendra la construction de la nouvelle jetée en premier afin que le bateau puisse accoster pour le débarquement des matériaux pour la construction de la piste d’atterrissage », dit avec aplomb un des responsables de l’OIDC. Toutefois, ce dernier ne peut donner de précisions sur le calendrier des travaux de construction. S’agissant de l’état de l’hôpital, qui ne répond plus aux besoins de la population, notre interlocuteur soutient que « l’OIDC a fait tous les efforts requis » pour faire avancer le projet de rénovation, ajoutant que la balle est désormais dans le camp du ministère de la Santé.
Par ailleurs, des habitants alertent les autorités devant les « failles très visibles » qu’ils ont notées depuis quelques jours dans la construction d’un bâtiment à l’Île du Sud, et qui servirait de centre de refuge en cas de catastrophe naturelle. « Ena bann pano blok ki finn tombe e si lapli tomb for pandan plizier zour,  ena risk ki ena lezot pano pou tombe. Bann abitan pe poz kestion lor manier ki kontraker pe konstrir sa batiman-la », dit Arnaud Poulay, ajoutant que les travaux sur ce chantier ont été interrompus depuis octobre dernier.