– Le secondaire a repris la semaine dernière tandis que les élèves du primaire reprendront l’école ce lundi

– Trois nouvelles salles de classe construites par Afcons Infrastructure à l’école primaire de l’Île du Nord

Après une interruption d’environ deux mois, l’école a repris graduellement à Agalega depuis lundi dernier avec le retour des élèves du secondaire. Ceux du primaire et de la maternelle retrouveront, eux, leurs instituteurs et leurs amis à partir de ce lundi. Dans l’ensemble, les parents sont satisfaits de cette reprise des classes, d’autant qu’aucun cas de Covid-19 n’a été enregistré dans l’archipel. Mais les mesures de précaution sont toujours de mise en raison des va-et-vient des navires étrangers et mauriciens.

Le système éducatif à Agalega comprend une école primaire (Jacques Lechartier G. S.) et un collège (Medco Agalega) dans l’Île du Nord, et une école primaire (Sainte-Rita G. S.) dans l’Île du Sud. Soulignons que la population scolaire dans l’archipel est désavantagée en ce qu’il s’agit des cours à distance, qui passent sur les chaînes de la télévision nationale, de même que pour les cours en ligne durant cette période de confinement à Maurice, en raison des mauvaises connexions. Des parents confient au Mauricien qu’ils sont ainsi soulagés de la reprise de l’école. « Isi nou bann zanfan lekol pena mem moyen ki bann zanfan ki dan Moris. Nou ti bien trakase e li bon ki lekol finn repran », nous a confié une maman dont l’enfant est au primaire.

À la Lechartier G. S., les enfants entreront lundi dans un nouvel environnement scolaire avec la construction d’une nouvelle aile comprenant trois salles. Les travaux ont été entrepris par Afcons Infrastructure. Jusqu’ici, par manque d’espace, les cours pour plusieurs « grades » se déroulaient en même temps dans deux salles. Désormais, il y aura une salle pour les Grades 1 et 2, une deuxième pour les Grades 3 et 4 et une troisième pour les Grades 5 et 6, en sus d’une ICT Room. Les parents feront maintenant une demande au ministère de l’Education pour augmenter le nombre d’instituteurs, car il y en a trois seulement pour le moment, tous pour le « General Teaching », en plus d’un enseignant de ICT et un enseignant de Kreol Morisien.

Par ailleurs, le sujet de conversation dans l’Île du Nord depuis une semaine est la nouvelle du départ du médecin en poste au dispensaire alors que son travail, dit-on, serait bien apprécié en général par les habitants. Selon des habitants, ce médecin ne transigerait pas sur les mesures figurant dans le protocole de prévention par rapport au Covid-19 élaboré spécifiquement pour Agalega par les « stakeholders ». Des Agaléens affirment que certaines personnes concernées par les différents projets de construction majeurs en cours dans l’archipel ne seraient pas d’accords avec l’attitude ferme de ce médecin pour faire respecter le protocole. Il aurait ainsi reçu une directive venant d’une instance en haut lieu à Maurice lui demandant de faire ses bagages et de monter à bord du MV Trochetia, qui devait quitter l’archipel ce week-end. Et en attendant l’arrivée de son remplaçant, le médecin en poste à l’Île du Sud assurera le service pour les deux îles. D’autre part, le débarquement des matériaux de construction à bord de quatre navires étrangers arrivés à Agalega depuis janvier se poursuit toujours.

Par ailleurs, un bon nombre d’Agaléens se trouvant à Maurice multiplie les démarches depuis quelques jours auprès des autorités concernées pour pouvoir rentrer chez eux lors du prochain voyage du bateau organisé par l’Outer Islands Development Corporation (OIDC), et qui est prévu au cours du mois de juin. Ces Agaléens ne sont pas contre le renforcement des mesures prises par les autorités à Maurice et à Agalega pour protéger l’archipel contre le Covid-19. « Si les autorités viennent avec de nouvelles mesures de contrôle de notre santé avant de nous laisser rentrer dans notre archipel, nous accepterons de suivre toutes les procédures parce que nous voulons rentrer chez nous au plus vite. Nou finn pass par bann moman difisil dan konfinman », affirme un père de famille, arrivé à Maurice au mois de mars. Et ce dernier de se demander les raisons pour lesquelles le gouvernement n’autoriserait pas les habitants d’Agalega de rentrer chez eux alors que des démarches sont entreprises ces jours-ci pour le retour de centaines de Mauriciens bloqués dans plusieurs pays depuis le début de la pandémie.