Une trentaine d’animaux de reproduction, principalement des moutons et des cabris, seront embarqués demain à bord du Mauritius Pride à destination d’Agalega dans le cadre d’un projet pilote d’élevage domestique professionnel. Un groupe d’Agaléens, qui était à Maurice pour une formation dans le domaine de l’élevage caprin et ovin, repart par le même bateau.
Ce projet de fermes animalières à échelle individuelle est une initiative de l’entreprise de téléphonie Emtel, qui y a investi une somme de Rs 350 000 à travers son programme de Corporate Social Responsibility. L’enveloppe d’aide a permis d’assurer la construction d’enclos, l’acquisition de cheptels respectifs, l’achat de matériels et de produits vétérinaires, la venue et les frais de formation à Maurice des futurs éleveurs. Dans ce contexte, la firme a sollicité l’expertise du Mouvement de l’Autosuffisance Alimentaire (MAA) pour la conception du programme d’élevage, la sélection des animaux et l’encadrement technique des éleveurs.
Avec la collaboration de l’Outer Islands Development Corporation, un enclos temporaire a déjà été construit sur l’île pour accueillir les deux cheptels. La trentaine d’ovins et de caprins sera par la suite répartie parmi cinq familles agaléennes, identifiées pour accueillir le projet. Pour Eric Mangar, directeur de la MAA, « il ne s’agit pas simplement de leur offrir des animaux à nourrir sur le plan domestique, mais de privilégier une approche professionnelle. Ainsi, leurs chefs respectifs ont été conviés à faire le déplacement à Maurice pour suivre une formation en santé animale et pratiques d’élevage, entre autres ». De même, la sélection des animaux, faite la semaine dernière, s’est déroulée avec la collaboration de la ferme industrielle Socovia. Selon le directeur de la MAA, les meilleures races de caprins et d’ovins ont été choisies. Il s’agit de Boers et d’Anglonubians pour les premiers ; de Blackheads et Merinos, ainsi que de quelques croisés pour les seconds.  
Le projet est accueilli à la MAA comme « un excellent moyen d’évaluer le potentiel des deux îles, du Nord et du Sud, en termes fourragers et agricoles. Sur l’île du Sud par exemple, l’acacia est disponible en grande quantité ».  Dans un premier temps, les animaux produits à Agalega seront vendus dans l’île, alors que la MAA projette de trouver un marché régulier à Maurice pour la vente d’animaux vivants provenant de ces cheptels. Avec la collaboration de Socovia, la MAA envisage de développer de petits élevages domestiques de cabris et de moutons en milieu rural à Maurice également. « Ces animaux étant de plus petite taille que les bovins, l’investissement se révèle moins coûteux du fait que les bêtes mangent moins », explique Eric Mangar. Valeur du jour, l’acquisition d’une vache laitière requiert environ Rs 90 000 pour une bête en provenance d’Afrique du Sud, alors que pour des cabris et moutons reproducteurs, il faut compter entre Rs 15 000 et 16 000 d’investissement par tête.