Après le deuxième renvoi à la dernière minute du voyage du Mauritius Pride vers Agalega à cause d’une panne, des personnes travaillant dans différentes ONG se sont mobilisées pour former le Kolektif respe drwa dinite Agalega. Ce collectif a animé une conférence de presse en fin de matinée pour réclamer un deuxième bateau pour desservir Agalega et pour interpeller le gouvernement sur l’urgence de la construction d’une piste d’atterrissage dans l’île. Par ailleurs, ce n’est que cet après-midi que l’Outer Islands Development Corporation, après une réunion avec la Mauritius Shipping, sera fixée sur le départ ou non du Mauritius Pride.
Il est bon de savoir que le deuxième report est dû au même problème technique noté la première fois : une panne concernant la grille principale. La profonde colère des passagers en partance vers Agalega après ce deuxième renvoi du départ s’est vite étendue à d’autres milieux, notamment des travailleurs sociaux et des responsables du diocèse de Port-Louis qui militent aux côtés des Agaléens pour une amélioration des conditions de vie. « Dans une lettre envoyée au Premier ministre au mois de février après le dernier voyage du Mauritius Pride, j’avais dénoncé un certain nombre de problèmes concernant Agalega et je lui avais demandé un rendez-vous à ce sujet. Jusqu’ici je n’ai reçu aucune réponse. Agalega revient dans l’actualité que lorsqu’il y a des urgences. La République s’en fiche carrément en ce qui concerne Agalega, sinon comment expliquer que le projet d’un aéroport, qui date de plusieurs décennies, n’a pas encore été concrétisé », réagit avec colère le Père Jean-Maurice Labour, Vicaire-général et responsable du dossier Agalega à l’évêché. Il était également présent à cette conférence de presse du Kolektif respe drwa dinite Agalega.
Les principaux animateurs de Kolektif respe drwa dinite Agalega, à savoir Jimmy Harmon (ICJM) Sr Olivia Bègue, (représentant de Diocèse de Port-Louis) et Laval Soopramanien (Les amis d’Agalega) font partie de ces 225 passagers pour le prochain voyage vers Agalega. Les trois se rendent en mission dans l’île. « L’objectif de ce collectif est d’obliger les décideurs à mettre à l’agenda national la situation à Agalega. Ena boukou kitsoz pou dir. Mais pour l’heure, le plus urgent concerne les deux renvois du départ de Mauritius Pride et les problèmes techniques de ce bateau qui nous font poser des questions sur la sécurité des passagers. Eski pa finn ler pou prevwar enn deziem bato pou deservir Agalega ? », se demande Jimmy Harmon, dont la mission là-bas a trait à la formation des jeunes et des adultes et à l’organisation d’un rassemblement des jeunes. Celui-ci a souligné l’absence d’un communiqué officiel de l’OIDC et du ministère des Affaires maritimes depuis le premier renvoi du voyage le 21 novembre dernier.
Le Père Gianni Losio (envoyé par le Diocèse de Port-Louis dans l’île pour les célébrations religieuses dans le cadre de la Noël), a exprimé ses craintes ce matin par rapport à un éventuel découragement des Agaléens à l’avenir de retourner dans leur île en raison des voyages incertains. « Ce qui se passe en ce moment peut décourager les Agaléens à retourner chez eux. Faut-il craindre une répétition de ce qui s’est passé avec les Chagossiens ? », s’est-il demandé. Pour sa part, Laval Soopramanien, président de l’association Les Amis d’Agelega, s’est attardé sur le projet de piste d’atterrissage en soulignant que les gouvernements en parlent depuis 1998 et qu’il a figuré de temps en temps dans les budgets.
Le Kolektif respe drwa dinite Agalega presse les autorités à considérer d’une manière urgente ce dossier.
Les deux renvois de Mauritius Pride ont commencé à paniquer les habitants dans l’archipel à cause de rupture de stock pour les aliments de base. Un enseignant posté dans l’île en a fait état ce matin sur les ondes d’une radio privée. Le dernier voyage de Mauritius Pride remonte à février dernier soit plus à plus de neuf mois.