Le programme de déplacements officiels à l’étranger du Premier ministre, Navin Ramgoolam, tire à sa fin. Parti hier matin pour les Comores en vue de participer au IVe sommet de la Commission de l’Océan Indien (COI) par un vol spécial d’Air Mauritius, il devait regagner le pays dans la soirée d’hier. À vendredi dernier, la participation de Navin Ramgoolam au prochain sommet des Small Islands Developing States (SIDS), qui se tiendra au début de septembre aux îles Samoa, était donnée comme off. Toutefois, un nouveau signal a été détecté lors de son intervention devant les chefs d’État et de gouvernement de la COI à Moroni hier. Mais l’intérêt du retour du Premier ministre ce week-end porte sur la prochaine rencontre de Clarisse House, où le dossier de l’alliance électorale PTr-MMM et la tenue d’élections générales anticipées avant la présentation du Budget Speech 2015 en novembre. Dans cette perspective, les derniers commentaires politiques du leader de l’opposition, Paul Bérenger, laissent la porte ouverte à tous les scénarios politiques possibles.
En fin de semaine, le bruit courait dans les couloirs de l’Hôtel du gouvernement à l’effet que Navin Ramgoolam entretenait l’idée d’abandonner son projet de déplacement aux Samoa pour le sommet des Petits États Insulaires en Développement. Le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, aurait été désigné pour diriger la délégation mauricienne où il sera question d’économie bleue. C’était avant le départ de la mission officielle pour Moroni.
Dans une telle éventualité, les tractations politiques entre le Parti travailliste et le MMM allaient prendre le dessus avec le tête-à-tête Ramgoolam-Bérenger susceptible de se dérouler mardi ou mercredi dans le meilleur des cas. Les observateurs politiques les plus futés supputaient qu’avec les dernières conditions de l’alliance réglée à la fin du mois d’août, une dissolution de l’Assemblée nationale à la mi-septembre, la publication des Writs of Election après le 18 septembre, date anniversaire du Père de la Nation, le regretté sir Seewoosagur Ramgoolam, le Nomination Day dans la première quinzaine d’octobre et le Polling Day avant le début de novembre se présentent comme les étapes d’un workable political calendar.
Mais deux développements dans la journée d’hier ont quelque peu refroidi les ardeurs sur l’échiquier politique, même si rien n’est compromis pour l’instant. D’abord, le mood politique mi-figue mi-raisin par rapport à l’accord électoral rouge-mauve, affiché en public aussi bien qu’en privé par le leader de l’opposition (voir compte rendu du point de presse plus loin).
Il y a encore l’allusion faite par le Premier ministre au sommet des SIDS de septembre, laissant une porte ouverte à l’effet qu’il pourrait être tenté de revoir son agenda international. Le communiqué émis par le Prime Minister’s Office hier après-midi révèle que lors de son intervention à la COI, « le Premier ministre mauricien a situé le rôle d’avant-plan de Maurice au chapitre de l’économie bleue lors de la Conférence sur les Petits États insulaires en Développement (PEID) qui se tiendra à Samoa au début de septembre 2014. Maurice a été en effet désigné chef de file à la table ronde qui discutera des mers et de la biodiversité ».
Navin Ramgoolam a saisi cette occasion pour inviter à la « collaboration des pays voisins pour une exploitation durable de nos ressources marines et côtières ». Compte tenu de ce que le Premier ministre a défini comme « le rôle fédérateur » de la COI, il a invité les pays membres à collaborer pour parler d’une seule voix à Samoa comme à la 21e Conférence des parties sur le changement climatique qui aura lieu en France l’année prochaine. Avec une telle démarche, Maurice pourra-t-elle être absente au plus haut niveau à Samoa ? « This question is begging for an urgent answer », dira l’autre, car pour se rendre à l’autre bout du monde au début de septembre, il faut se prendre à l’avance.
Toujours à la COI, le Premier ministre a positionné Maurice en tant que « hub régional pour le tourisme et le commerce et comme porte d’entrée en Afrique pour les investisseurs d’Asie et d’Europe ». Il a présenté la nouvelle aérogare de Plaisance comme un instrument au service de l’Indiaocéanie.
À ce dernier chapitre, Navin Ramgoolam a fait état de « la nécessité de dégager une synergie des pays membres pour oeuvrer collectivement pour un développement global de la région de l’océan indien concernée ». Il a signifié l’intention de Maurice à contribuer à l’organisation des élections générales qui auront lieu aux Comores en novembre prochain.
Le communiqué du Prime Minister’s Office souligne « l’importance du développement soutenu de la triple connectivité aérienne, maritime et numérique pour consolider davantage les liens entre les membres de la COI. La connectivité numérique contribue directement à la croissance économique ». Les TIC contribuent à 6% du PIB et génèrent 20 000 emplois.
Navin Ramgoolam a invité la COI à soutenir formellement la candidature de Jean-Claude de l’Estrac au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie.
Le quatrième sommet de la COI s’est déroulé hier à Moroni, capitale de l’Union des Comores, avec la participation des cinq chefs d’État ou de gouvernement des pays membres, dont le président des Comores Ikililou Dhoinine, le président français François Hollande, le président seychellois James Alix Michel, le président de Madagascar Hery Rajaonarimampianina et Navin Ramgoolam.