Maurice, actuellement le neuvième plus grand exportateur de thon en boîte aux États-Unis, veut améliorer sa position sur le marché américain, a indiqué hier le président de la Mauritius Exports Association (MEXA), Philip Ryle, qui participait à une conférence de presse consacrée à l’Africa Growth and Opportunities Act (AGOA).
Les exportations de produits de la mer (“seafood”) ont enregistré une augmentation sensible entre 2008 et 2013, malgré des fluctuations. Elles sont en effet passées de Rs 144 632 428 en 2008 à Rs 240 728 590 en 2013, ce qui représente une croissance de l’ordre de 39% en cinq ans. Selon Philip Ryle, Maurice dispose du potentiel nécessaire pour améliorer sa position sur le marché américain, où notre pays est actuellement devancé par la Thaïlande, la Chine, l’Équateur, le Vietnam, le Canada, les Philippines, les îles Fidji et la Colombie. Les règles d’origine imposées par les autorités américaines constituent un obstacle à ce développement. Afin de pouvoir exporter vers les États-Unis, les opérateurs locaux doivent donc impérativement s’approvisionner auprès des navires de pêche battant pavillon américain et africain. Or, il y a très peu de navire tombant dans cette catégorie pêchant dans la région. « Ce qui constitue une limite à notre source d’approvisionnement », constate Philip Ryle. De plus, les opérateurs mauriciens sont autorisés à ajouter un taux maximal de 35% de valeur ajoutée aux produits fabriqués à partir de la pêche.
Les lobbys travaillant pour le compte de Maurice s’activent actuellement à essayer d’amener les autorités américaines à assouplir leurs règles d’origine. Philip Ryle considère que les prix pratiqués par les entreprises mauriciennes, productrices de marchandises fabriquées à partir de produits de la mer, sont les plus compétitifs sur le plan mondial. De plus, l’océan Indien est considéré comme le plus durable en termes de biomasse de poissons, alors que les opérateurs mauriciens ont une réputation internationale en ce qui concerne l’environnement social dans lequel ses produits marins sont manufacturés. Maurice produit essentiellement des filets de poissons, des crustacés et du thon en boîte pour le marché américain. Le thon en boîte représente d’ailleurs 78% des exportations totales des produits de la mer vers les États-Unis et a rapporté des revenus de l’ordre de Rs 186 millions en 2013.
Les revenus découlant des exportations de produits du “seafood” sur le marché mondial ont enregistré une croissance de près de 100% entre 2008 et 2013. Les recettes du secteur, qui s’élevaient à Rs 6,4 milliards en 2008, ont augmenté graduellement pour passer à Rs 7,1 milliards en 2009, Rs 8,1 milliards en 2010, Rs 8,2 milliards en 2011, Rs 10,8 milliards en 2012 et Rs 12,4 milliards en 2013.
Les produits de la mer figurent – avec le textile et l’habillement, les verres solaires, la bijouterie, les dispositifs médicaux et l’ingénierie légère – parmi les principaux produits exportés aux États-Unis dans le cadre de l’AGOA. Dans ce contexte, les exportations mauriciennes sont passées de Rs 3,4 milliards en 2008 à Rs 6,7 milliards en 2013, dont 90% concernent les produits textiles et de l’habillement. Cette croissance a permis de créer 5 000 nouveaux emplois.
« Dans l’éventualité où l’AGOA devrait s’arrêter brusquement le 30 septembre de l’année prochaine, tous ces secteurs seront sérieusement affectés », estime Lilowtee Rajmun, directrice de la MEXA, qui plaide en faveur du prolongement de l’AGOA pour encore 15 ans, et qui souhaite qu’une décision soit prise au niveau du congrès américain dès cette année. Elle observe que le président américain s’est déjà prononcé en faveur de ce prolongement ainsi que l’US-Africa Trade Union, qui accorde une grande importance aux « compliance to manufacturing base ». Selon Lilowtee Rajmun, l’African Coton Industry and Textiles Federation, dont Maurice a la vice-présidence, milite également dans le sens du prolongement de l’AGOA et du Third Country Fabrics.