La Mauritius Export Association (MEXA) accueille « très favorablement » l’institution d’un comité de pilotage composé de représentants des secteurs public et privé pour la préparation d’un plan stratégique devant aider Maurice à exploiter à fond les dispositions de la Trade Preferences Extension Act 2015. Ce texte de loi fait provision pour une extension de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) aussi bien que de la dérogation sous le Third Country Fabric pour une période de dix ans.
La décision de mettre sur pied ce comité de pilotage a été prise vendredi dernier par le conseil des ministres. L’objectif principal du plan stratégique qui sera élaboré est de renforcer les capacités des entreprises mauriciennes pour qu’elles puissent accroître leurs exportations vers le marché américain. L’AGOA prévoit un accès hors taxes et sans quota pour environ 6 400 produits différents provenant des pays d’Afrique subsaharienne éligibles mais ces produits doivent satisfaire les conditions attachées aux règles d’origine.
« L’AGOA a été renouvelée pour une période de dix ans. Une telle extension apporte plus de visibilité et de certitude concernant nos exportations et ne peut également qu’aider les opérateurs économiques dans la planification de leurs investissements futurs. Il nous faut donc nous donner les moyens pour pouvoir capitaliser sur cette extension de l’AGOA », a déclaré Lilowtee Rajmun, directrice de la MEXA, au Mauricien. Cette dernière trouve que la décision du gouvernement de nommer un comité mixte pour se pencher sur un plan stratégique en vue de booster et diversifier nos exportations vers les États-Unis va dans la bonne direction.
« Il faut pouvoir travailler ensemble et réunir les spécialistes tant du secteur public que du secteur privé pour exploiter au maximum les avantages que procure ce renouvellement de l’AGOA. Il faut savoir que dans le domaine du textile et de l’habillement, une période de six ans est nécessaire pour qu’on puisse récupérer les investissements initiaux dans, par exemple, une filature », affirme la directrice de la MEXA.
La préparation d’un plan stratégique, ajoute Lilowtee Rajmun, s’avère capitale d’autant plus que d’autres pays d’Afrique subsaharienne, à l’instar de l’Éthiopie et du Kenya, s’y sont déjà lancés. « Nous devons travailler vite et bien. Il faut pouvoir être prêt avec une ébauche de ce plan stratégique dans un délai de deux mois ».
Dans les milieux industriels mauriciens, on suit avec intérêt les discussions autour de la conclusion de deux accords commerciaux d’envergure : le premier, le Trans-Pacific Partnership (TPP), entre les États-Unis et les pays du Pacifique, et le second, le Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP), entre les États-Unis et l’Union européenne. Ces deux accords, estiment des spécialistes du commerce international, pourraient offrir à des économies très compétitives la possibilité d’accroître leurs échanges avec les États-Unis sur la base des mêmes privilèges disponibles sous l’AGOA.
« While the mechanism may be different, many Vietnamese garment exports to the United States will receive similar benefits like those in AGOA’s third country fabric provision. This will, without a doubt, displace some African exports given that Vietnam is a much more competitive apparel producer than any of the African countries », écrit Dennis Matanda de Manchester Trade, firme de lobbying de Washington. Il est crucial, poursuit ce dernier, que les pays africains développent des stratégies agressives pour une utilisation efficace des dispositions de l’AGOA.
Par ailleurs, le Gabon se prépare à accueillir, du 24 au 27 août prochain, le 14e forum de l’AGOA dont le thème est « AGOA at 15 : charting a course for a sustainable US-Africa trade and investment partnership ». Une réunion préparatoire des hauts officiels est prévue pour le 24 août alors que le lendemain les ministres du Commerce africains tiendront une réunion consultative. La cérémonie d’ouverture officielle de la réunion ministérielle du forum aura lieu le mercredi 26 août et des discussions sur le partenariat entre les États-Unis et l’Afrique en matière de commerce et d’investissements seront aussi à l’ordre du jour. Des réunions de travail entre, d’une part, le United States Trade Representative et les ministres du Commerce africains et, d’autre part, entre des membres du Congrès américain et des ministres africains sont aussi inscrites au programme du forum.
On s’attend à ce que Maurice soit représentée à Libreville par une petite délégation mixte secteur public/secteur privé.