Les délégations africaines au 2012 AGOA Forum ont exprimé haut et fort leurs frustrations devant l’extension du délai en vue du renouvellement de la provision de l’AGOA concernant le Third country fabric, a laissé entendre le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, qui a dirigé la délégation mauricienne à Washington la semaine dernière. Cette clause permet aux producteurs africains de s’approvisionner en tissus auprès d’un pays qui n’est pas membre de l’AGOA pour la manufacture des produits textiles et de l’habillement à l’intention du marché américain.
Les commandes des détaillants américains auprès des producteurs sont placées normalement neuf mois à l’avance. Par conséquent le retard du congrès américain à approuver cette provision n’est pas de bon augure pour les industries africaines.
Les principaux intervenants au forum de l’AGOA, dont la secrétaire d’État Hillary Clinton et le représentant des États-Unis pour le Commerce, l’ambassadeur Kirk, ont dit leur confiance que la provision sera renouvelée. « Elle sera signée par le président Barack Obama aussitôt que les documents appropriés seront sur la table présidentielle. Cependant nous ne pouvons faire pression sur les membres du congrès », font-ils ressortir.
Deux législations ont été introduites devant la chambre des Représentants et le Sénat américain l’année dernière concernant l’extension de la provision de l’AGOA accordant une dérogation aux producteurs de textiles africains qui expire en septembre.
Un projet de loi bipartisan a été introduit par les sénateurs Baucus et Hatch devant le Sénat alors que le congressiste McDermott a introduit le texte de loi devant la chambre des Représentants. Il y a un consensus pour que le texte de loi passe devant le sénat à l’unanimité, sauf que le sénateur Hatch a insisté pour que le texte suive les procédures habituelles en passant par les comités, ce qui prend beaucoup de temps.
Il existe une alternative mais cela risque de voir la provision légale être adoptée par le congrès après la date d’expiration de la dérogation. Ce qui risque de causer des dégâts irréparables à certains producteurs en Afrique.
Il existe toutefois une possibilité que le sénateur Hatch accepte le consentement unanime.
Selon certaines indications, les congressistes et les sénateurs seraient arrivés à un compromis pour que la provision de l’AGOA concernant la dérogation Third country fabric soit attachée à une législation portant sur un accord sur le libre échange en Amérique centrale et à des nouvelles sanctions contre la Birmanie. Le texte de loi devait être introduit à la Chambre des représentants le 21 juin dernier et doit l’être au sénat bientôt.
Les délégations africaines suivent l’évolution de la situation de près. Le but ultime est que les amendements soient adoptés par le congrès avant que le congrès n’entre en vacance le 4 juillet prochain.
À Maurice la situation est suivie avec beaucoup d’intérêt, bien que nos producteurs ne soient pas touchés directement par cette dérogation, l’industrie du textile mauricienne étant dans une grande mesure intégrée. C’est-à-dire que les producteurs mauriciens achètent leur coton dans les pays africains et exportent les produits finis aux États-Unis.