À l’issue des échanges s’articulant autour de diverses questions soulevées entre une trentaine de ministres africains en charge du Commerce et une quinzaine de congressistes américains, il est ressorti que l’Afrique doit tirer profit de toutes les opportunités de la nouvelle « Trade Preferences Extension Act 2015 ». Le continent est vivement encouragé à se focaliser sur l’utilisation et l’exploitation effectives des nouvelles opportunités offertes, du développement et de la mise en oeuvre de stratégies nationales et régionales commerciales, de stratégies de diversification économique et de stimulation du commerce intra-africain et d’intégration régionale.
Le ministre des Affaires étrangères, Étienne Sinatambou, a co-présidé, avec le responsable du Commerce auprès de l’Administration américaine, l’ambassadeur Michael Froman, la réunion dédiée au dialogue entre les membres du Congrès américain et les ministres des pays africains bénéficiaires de l’AGOA à Libreville, Gabon, la semaine dernière. La discussion, elle-même, s’est tenue autour d’un panel composé, à part des deux personnalités précitées, de Christopher Coons, Sénateur républicain, et d’Eric Paulsen et Karen Bass, deux autres membres éminents du Congrès américain.
Il a été reconnu que les pays africains doivent examiner la nouvelle loi dans le contexte des négociations commerciales multilatérales et les nouveaux accords de libre-échange entre les États-Unis, l’Asie et l’Europe ainsi que la mise en place de la Zone de Libre Échange Continentale. De ce dialogue est également ressorti que les institutions américaines en charge des questions sanitaires, phytosanitaires et des obstacles techniques au commerce doivent travailler en étroite collaboration avec leurs homologues des pays africains et conclure des accords de reconnaissance mutuelle.
L’importance pour les pays africains d’évaluer régulièrement les préférences réelles offertes par la nouvelle loi, compte tenu de l’érosion de ces dernières en prenant en compte les accords commerciaux conclus entre les États-Unis et d’autres partenaires, a aussi été soulignée. Le seul moyen pour l’Afrique de se prémunir contre l’érosion de préférences sera de renforcer le commerce intra-africain.
Les pays africains devront aussi élaborer un état des besoins en matière d’assistance technique et de renforcement des capacités pour une mise en oeuvre effective de la nouvelle loi et permettre aux agences américaines et aux organisations multilatérales et régionales de développer les stratégies nationales.