Lors des discussions avec l’assistante-secrétaire du Bureau des affaires africaines du Département d’État des États-Unis, l’ambassadrice Linda Thomas-Greenfield, Maurice, à travers le ministre des Affaires étrangères, Étienne Sinatambou, a sollicité le soutien des Américains pour, entre autres, augmenter ses exportations vers les États-Unis dans le cadre de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA).
Animant une rencontre avec la presse hier à son bureau pour faire un compte rendu des discussions qu’il a eues avec l’assistante secrétaire du Bureau des affaires africaines du Département d’État des États-Unis, l’ambassadrice Linda Thomas-Greenfield, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international, Étienne Sinatambou, a révélé que Maurice a sollicité le soutien des Américains pour améliorer ses exportations vers les Etats-Unis dans le cadre de l’AGOA. L’AGOA est une loi adoptée en mai 2000 par le congrès américain dans le but de soutenir l’économie des pays africains en leur facilitant l’accès au marché américain s’ils suivent les principes de l’économie libérale.
S’il s’est félicité auprès de l’ambassadrice Linda Thomas-Greenfield de l’extension de l’AGOA pour les dix prochaines années depuis le 1er octobre dernier, le ministre Sinatambou a expliqué à la presse lui avoir fait remarquer qu’en 2014, la quarantaine de pays d’Afrique bénéficiaires de l’accès sur le territoire américain n’ont exporté qu’environ 2% des importations totales des Etats-Unis. « There’s nothing to celebrate ! », a-t-il commenté.
« Nous avons par conséquent fait observer à  l’ambassadrice Linda Thomas-Greenfield que, dans le cadre de ce partenariat Maurice/Etats-Unis sous l’AGOA, nous avons besoin du soutien des Américains pour trouver une solution pour améliorer nos exportations vers ce pays », a-t-il expliqué.
Étienne Sinatambou a également révélé à la presse avoir fait ressortir auprès de l’ambassadrice américaine qu’avec l’avènement des accords que les Etats-Unis ont signé avec les autres blocs, l’AGOA ne doit pas se concentrer que sur le textile, car il y a le risque d’une « érosion des préférences ». Il ajoute : « Les Etats-Unis sont donc d’accord pour l’établissement d’une relation particulière pour l’élaboration d’une stratégie nationale visant à mettre en oeuvre l’AGOA dans des domaines autres que le textile. »
Le Trade and Investment Framework Agreement (TIFA), la libéralisation des services et le changement climatique ont été les autres sujets de discussions d’intérêt commun entre la partie mauricienne et la partie américaine, a indiqué le ministre. En ce qui concerne le TIFA, Étienne Sinatambou a affirmé avoir dit à l’ambassadrice « qu’on peut faire mieux et davantage au niveau des résultats ». Il poursuit : « Dans le cadre de cet accord, nous pouvons concrètement travailler pour savoir le nombre d’emplois susceptibles d’être créés et le montant des devises qui peuvent entrer au pays à travers des investissements étrangers directs (FDI) », a-t-il élaboré.
Touchant à la libéralisation des services, le ministre a ajouté avoir expliqué à Linda Thomas-Greenfield que jusqu’ici, les relations entre Maurice et les Etats-Unis ne se concentraient que sur le commerce des biens (« trade in goods ») et non sur le commerce des services. « Nous lui avons dit qu’il y a des moyens pour améliorer le commerce des services entre nos deux pays », a-t-il ajouté.
En outre, selon Étienne Sinatambou, les Etats-Unis, à travers l’ambassadrice Linda Thomas-Greenfield, se sont dits « contents » de la contribution de Maurice à la conférence mondiale sur le climat (COP21). « Pour notre part, nous avons informé l’ambassadrice que Maurice se prépare à abriter le Climate Change Finance Access Hub, un mécanisme pour aider les pays du Commonwealth à accéder aux fonds de financements dans le cadre de leur lutte contre le changement climatique. Nous avons sollicité l’aide américaine pour optimiser ce véhicule de soutien », a-t-il affirmé.
L’ambassadrice Linda Thomas-Greenfield a quitté le pays hier après une visite de trois jours à l’issue d’un périple qui l’a menée, avant Maurice, d’abord aux Comores puis à Madagascar.