La Mauritius Ports Authority (MPA) a prévu de démarrer cette année des travaux d’agrandissement dans le port, comprenant entre autres, l’extension du quai à conteneurs. Pour cela, la construction d’une barrière de protection et l’approfondissement des quais jusqu’à 16,5 mètres sont nécessaires. Mais les pêcheurs de la région s’opposent à ces travaux car ils estiment que cela aura un impact néfaste sur leur activité. La semaine dernière, ils se sont opposés au début des travaux à Fort William et les machines ont dû faire demi-tour.
Au début du mois d’août, la MPA a organisé une réunion avec les pêcheurs de la région de Port-Louis en vue de discuter des travaux qui doivent avoir lieu pour l’agrandissement du port. Ceux-ci ont été invités à proposer des solutions aux problèmes évoqués et qui auraient un impact négatif sur leur activité.
Le 4 septembre dernier, par l’entremise de son homme de loi, Me Rama Valayden, le Syndicat des pêcheurs a soumis une série de propositions à la MPA. On y relève entre autres, la création de trois fonds pour une allocation mensuelle de Rs 8 000 à chaque pêcheur enregistré, pour aider à l’éducation tertiaire des enfants des pêcheurs et pour aider les pêcheurs à acquérir des bateaux semi-industriels pour aller pêcher en haute mer.
Une série de propositions pour la protection de l’environnement, pour l’emploi des enfants des pêcheurs dans le port ainsi qu’une compensation figurent également dans l’ébauche d’un document rédigé par Me Rama Valayden. Il est également demandé à la MPA de ne pas démarrer les travaux tant qu’un accord signé n’aura pas été conclu avec les pêcheurs.
La semaine dernière, la mise en place des premières bornes pour délimiter la construction d’une barrière de protection à Fort William a donné lieu à une altercation entre les deux parties. Les pêcheurs rencontrés sur place soutiennent que l’endroit indiqué leur sert de point d’ancrage depuis de nombreuses années. « Où allons-nous mettre nos pirogues maintenant ? On veut combler la mer pour mettre des conteneurs. La Saline pe fini net », disent Reza Soobratty et Read Surfally.
Ce dernier fait ressortir que de plus en plus, les pêcheurs sont contraints de laisser la place aux développements. « On nous a déjà fait comprendre que nos pirogues vont gêner les travaux », ajoute Devanand Jootun.
Judex Rampaul, président du Syndicat des pêcheurs se dit, lui, inquiet de l’impact qu’auront ces travaux sur l’environnement. « On va faire une extension de 560 mètres carrés. On veut construire un mur, on va faire le dragage… ces travaux auront certainement des répercussions sur l’environnement. »
Au niveau de la MPA, on évite de commenter cette affaire, étant donné que le litige a pris une dimension légale. Les propositions soumises par Me Rama Valayden sont actuellement à l’étude au State Law Office.
Cette démarche des pêcheurs est venue bouleverser les plans de la MPA. Celle-ci devait engager un social facilitator pour faire le suivi avec les pêcheurs, après la première réunion en août dernier. Elle estime aussi avoir fait le premier pas dans un souci de dialogue, en invitant les pêcheurs à la table des discussions. Dans un communiqué émis récemment, la MPA précise également que les travaux se feront « within port limits, where no fishing is allowed according to regulations made under the Ports Act 1998 ».