Des travaux de comblement sont actuellement en cours à Fort William en vue de l’aménagement d’un parc à conteneurs. Les pêcheurs de la région, qui craignent pour leurs activités, avaient émis une série de recommandations aux autorités portuaires. En l’absence d’un compromis, ils menacent de stopper les travaux…
« Ces travaux de comblement affectent considérablement notre travail. Même si on a placé une barrière, l’eau est boueuse aux alentours. Qui plus est, avec le mauvais temps, la situation risque de s’aggraver car, la dernière fois, lors du passage du cyclone Bejisa, la barrière avait été emportée », dit Judex Rampaul, président du Syndicat des Pêcheurs. Ce dernier rappelle que son organisation avait soumis une liste de propositions aux autorités portuaires pour les préjudices que leur causeraient ces travaux. « On a trouvé que nos demandes n’étaient pas réalisables et on a suggéré un arbitrage. Mais nous attendons toujours cet arbitrage. »
Si la situation n’évolue pas d’ici la semaine prochaine, les pêcheurs menacent de stopper les travaux. « Nous voulons savoir comment ils vont restaurer l’environnement après avoir fouillé les fonds marins. » On sait que la Mauritius Ports Authority (MPA) avait pris les devants dans cette affaire en invitant les pêcheurs à la table des discussions. Ceux-ci avaient été conviés à suggérer des solutions pour réparer les inconvénients causés à leurs activités. Toutefois, les pêcheurs ont préféré se tourner vers leur conseiller légal, Me Rama Valayden, qui a fait parvenir à la MPA une liste de propositions, parmi lesquelles une compensation ainsi qu’une allocation de Rs 8 000 pour chaque pêcheur enregistré. Ils réclament également la création d’un fonds pour soutenir l’éducation supérieure de leurs enfants, ainsi qu’une aide pour l’achat de bateaux semi-industriels, entre autres.
Selon une source à la MPA, les pêcheurs ayant opté pour la voie légale, ce dossier devra désormais débattu « dans un cadre approprié ». Les autorités portuaires laissent aussi entendre que les zones concernées par les travaux ne sont pas des zones de pêche.