Shashi Seetal, un Traffic Officer, avait été accusé d’avoir agressé un receveur d’autobus en violation à l’article 230 (1) du code criminel. La magistrate Hamuth, siégeant en cour de Pamplemousses, lui a accordé le bénéfice du doute, jugeant « unsafe » de devoir se fier sur la seule version de la présumée victime.
Shashi Seetal avait été poursuivi en cour de Pamplemousses sous une accusation de « wilfully and unlawfully assaulted one Anup Kumar Bholah ». Il avait plaidé non-coupable. Les faits se seraient produit le 10 août 2011 dans un autobus. Anup Kumar Bholah soutient que vers 9 h 15, il se trouvait dans un autobus dans lequel il exerçait comme receveur. Il allègue que quand le Traffic Officer est entré dans l’autobus, il a commencé à lui faire des commentaires négatifs concernant l’encre utilisée sur les tickets de bus et aussi du fait qu’un passager n’avait pas reçu son ticket. Selon le receveur, Shashi Seetal aurait refusé dans un premier temps de lui rendre l’appareil pour après le lui lancer violemment au visage. Le plaignant ajoute que le Traffic Officer l’aurait ensuite pressé contre une barre et aurait maîtrisé ses pieds, tout ça alors que le bus était en mouvement. Anup Kumar Bholah soutient qu’il a dû se faire soigner suite à cette échauffourée.
Shashi Seetal a pour sa part déclaré qu’il avait bien effectué un contrôle de tickets dans le bus et qu’il avait bien fait un commentaire au receveur, concernant l’encre utilisée sur les tickets. Il explique que le receveur avait mal pris ses remarques et aurait tout de suite demandé au conducteur de s’arrêter au poste de police le plus proche où il a discuté avec un officier, pour ensuite reprendre la route. Le Traffic Officer a nié avoir agressé le plaignant.
Dans son jugement, la magistrate a soutenu que la version du plaignant donnée en cour n’est pas fiable vu que c’est en cour qu’il a indiqué avoir été pressé contre une barre avec les pieds maîtrisés par l’assaillant, alors que dans sa version donnée à la police il n’en fait pas mention. Pour sa défense, le plaignant devait indiquer qu’il en a référé à la police mais que cette version n’avait pas été prise en considération. De plus, la magistrate a trouvé louche que le plaignant ait pris 15 jours après l’incident pour relater ce cas à la police. Plus encore, elle a noté que le receveur n’était pas en bons termes avec Shashi Seetal et qu’il avait l’habitude de rapporter des Traffic Officers à la police, incluant le présumé agresseur. La magistrate trouve ainsi « possible » que le receveur ait logé de fausses allégations contre Shashi Seetal. Finalement, la magistrate a trouvé que lors de son contre-interrogatoire, la victime présumée était hésitante alors que Shashi Seetal a déposé sans montrer d’hésitation ; sa version n’a pas été remise en cause lors de son contre-interrogatoire. Considérant tous ces points, la magistrate Hamuth a accordé le bénéfice du doute à Shashi Seetal, qui voit la charge contre lui rayée.