Elle avait consigné une déposition au Central CID contre son ex petit-ami pour SMS menaçants cette année, puis avait retiré sa plainte par peur de représailles. Cette jeune femme de 26 ans, domiciliée à Montagne Blanche, était, cependant, loin d’être au bout de ses peines car mercredi matin, elle se trouvait à la gare de Quartier Militaire et attendait la fourgonnette la conduisant jusqu’à son lieu de travail lorsqu’elle a été tailladée au visage par un homme dont elle ignore l’identité. Son ex petit-ami est pour l’heure suspecté d’avoir commandité cette agression. Aucune arrestation n’a été effectuée. La police de Quartier Militaire poursuit son enquête.
L’histoire d’amour de cette jeune femme avec son ex petit-ami, qui habite à Stanley, n’aura pas duré. La raison pour laquelle ils s’étaient séparés est parce que la jeune femme s’était rendue compte que le mauvais caractère de son compagnon ne lui convenait pas et qu’il avait de très mauvaises fréquentations. Pour ce dernier, cependant, il était hors de question d’accepter cette rupture. Lorsqu’il s’est aperçu que la jeune femme avait pris ses distances, il l’a d’abord bombardé de SMS menaçants, la poussant à déposer une plainte au Central CID. Quelque temps plus tard, sans que la situation ne se soit améliorée, la jeune femme avait décidé de retirer sa plainte. “Elle l’a fait par peur de représailles”, explique son père. C’est au mois de juillet que les choses ont ensuite dégénéré. À cette même période, son ex petit ami  a appris qu’elle avait reçu une demande en mariage. “Li ti dire nous qui nou pas pou capave faire nanier contre li parce qui li conne bon avocat et li conne bane tappeurs”, raconte le père de la victime, en se remémorant du jour où ce dernier a fait irruption à leur domicile et leur a proféré des menaces. Et depuis cette fameuse visite, sa fille a été victime de plusieurs agressions.
Un mercredi, alors qu’elle se trouvait près de son lieu de travail, à Ébène, deux individus à moto et portant casque intégral l’ont aspergés de peinture à l’huile avant de s’enfuir. “Heureusement qu’elle portait des lunettes, autrement elle aurait pu perdre la vue!” Elle a ensuite été victime d’une tentative d’enlèvement en rentrant chez elle, à Montagne Blanche, mais ses hurlements ont contraint ses agresseurs à prendre la fuite. Lors d’une énième agression, les passagers d’une voiture, qu’elle n’a pas été en mesure d’identifier au moment des faits, lui ont lancé des pierres. “Elle avait noté la plaque d’immatriculation mais lorsque nous nous sommes rendus au poste, la police nous a certifié que c’était une fausse”, confie son père. La jeune femme était, cependant, loin de se douter de ce qui l’attendrait ce mercredi 30 septembre. Ce jour-là, à 10h30, elle attendait le véhicule la conduisant jusqu’à son travail à la gare de Quartier Militaire. Soudainement elle a vu deux individus louches qui sortaient d’une pharmacie. Ces derniers l’ont approchée et avant même qu’elle ait eu le temps de voir le coup venir, elle a eu la joue gauche tallaidée au cutter et a vu ses agresseurs prendre la fuite. Elle a ensuite été conduite à l’hôpital pour recevoir des soins avant de rentrer chez elle, le visage abîmé.
Pour ses proches, cette agression est le signe que l’ex petit-ami de leur fille a mis ses menaces à exécution. Ils sont convaincus que ce dernier est à l’origine de ces agressions diverses. Cependant, ils commencent à craindre pour la sécurité de leur fille car malgré qu’une plainte a été déposée au poste de police de Quartier Militaire des suites de ces actes d’agression, le jeune homme n’a pas été arrêté. “La police pe dire nou qui pena aucaine preuves. Zot ine ziss donne garçon la ene warning mai zot pane arrête li. Eski bisin atane le corps mo tifi sorti kot moi pou qui zotte mette li dans prison?!”, implore le père de la victime, qui ajoute que depuis son agression au visage, sa fille est incapable de parler et de manger correctement. Du côté des limiers du poste de Quartier Militaire, ils expliquent avoir interpellé l’ex petit-ami suspecté dans le sillage de cette enquête mais que celui-ci nie toute implication. La police n’ayant pas suffisamment de preuves pour l’inculper, ce dernier a été autorisé à rentrer chez lui. Leur première piste est actuellement l’agresseur de la jeune femme. Les enquêteurs espèrent remonter jusqu’à lui en visionnant les images des caméras de surveillance entourant le lieu de l’agression, pour ainsi obtenir l’identité du commanditaire.