Le rideau est tombé hier en cour de district de Port-Louis Sud sur le procès de Rosario Draboucan qui comparaissait pour l’agression du ministre des Infrastructures publiques Anil Bachoo en août 2007. La Senior Magistrate Meenakshi Gayan-Jaulimsing l’a jugé coupable et lui a infligé une amende de Rs 5 000.
Le procès intenté par le directeur des poursuites publiques (DPP) à Rosario Draboucan pour l’agression de l’actuel vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques Anil Bachoo a pris fin hier. L’accusé a été condamné à payer une amende de Rs 5 000 par la Senior Magistrate Meenakshi Gayan-Jaulimsing de la cour de district de Port-Louis Sud.
Accusé sous l’article 230 du Code criminel, Rosario Draboucan avait plaidé non coupable d’assault sur Anil Bachoo le 24 août 2007 dans le « lunch room » du parlement. Selon l’acte d’accusation, il serait arrivé en compagnie de son oncle Clovis Azie et se serait adressé au ministre sur un ton menaçant. Le prévenu lui aurait dit : « Ki tonn al dir commissaire ? To pou kone ar mwa-la. » Il aurait ensuite envoyé son téléphone portable en direction du ministre sans pouvoir l’atteindre.
Le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques a expliqué en cour qu’il était inquiet à cause du sentiment d’insécurité au parlement après cette « agression ». Il a déclaré que Rosario Draboucan n’est pas son garde du corps mais que l’accusé a travaillé pour le compte de l’Alliance sociale aux élections générales de 2005. Anil Bachoo a soutenu qu’il n’avait pas besoin de garde du corps parce que les policiers faisaient leur travail convenablement avant cet incident.
Me Rama Valayden (NdlR : alors Attorney General) et le ministre du Travail Shakeel Mohamed étaient parmi ceux présents lors de l’agression. Après l’incident, Anil Bachoo serait parti dans son bureau où des « members of Parliament » sont venus lui rendre visite pour voir s’il allait bien. Le ministre a toutefois nié avoir fait de déclaration à la police à la suite des articles répercutés dans la presse.
Rosario Draboucan affirme quant à lui qu’il était le garde du corps d’Anil Bachoo à cette époque et que le téléphone cellulaire a glissé de ses doigts pendant qu’il lui parlait. L’accusé dit avoir l’impression qu’Anil Bachoo voulait nuire à sa réputation. Il souligne par ailleurs qu’il n’a pas été agressif envers le ministre et ne l’a jamais menacé. L’accusé ajoute qu’il se tenait à environ un mètre du ministre au moment des faits.
La Senior Magistrate Meenakshi Gayan-Jaulimsing a déclaré que la déclaration en cour d’Anil Bachoo a été faite dans une « straightforward, calm and confident manner ». Et de renchérir : « I have found no discrepancy between his sworn version and his declaration, hence revealing a truthful and consistent account of events. »
La cour de troisième instance de Port-Louis a déclaré que les gestes que Rosario Draboucan faisait avec ses mains et sa conversation animée avec Anil Bachoo donnent une idée de l’état d’esprit de l’accusé au moment de l’incident. La magistrate a soutenu qu’elle trouve invraisemblable que le téléphone « flew off his hand » pour atterrir devant le ministre. Elle a statué que Rosario Draboucan a volontairement agressé le ministre.