La magistrate Adila Hamuth, siégeant en cour de district de Port-Louis, a rendu un jugement en faveur d’un prévenu à qui il était reproché d’avoir agressé un moniteur d’auto-école et d’avoir arraché une chaîne en or de son cou lors d’une altercation. Le jugement s’est retourné contre le plaignant, car, à la lumière des témoignages, c’est le plaignant qui aurait mal agi et aurait peut-être consigné de fausses déclarations à l’encontre du prévenu.
L’accusé répondait de deux charges en cour de district de Port-Louis pour vol d’une chaîne en or par la violence et pour possession de cet objet. Il avait plaidé non-coupable des deux charges portées contre lui.
Les faits se sont produits le 5 mars 2013. Selon le plaignant, un moniteur d’auto-école, il donnait des leçons de conduite quand le prévenu se serait pointé, en colère, et aurait commencé à l’injurier. Le plaignant aurait alors demandé des explications au prévenu pour ses actes mais ce dernier aurait continué de plus belle. Sous l’emprise de la colère, le prévenu l’aurait assené de coups de poing au visage et à l’estomac. Il en aurait aussi profité pour arracher une chaîne en or que le plaignant portait autour du cou, avant de prendre la fuite.
Le prévenu, pour sa part, a relaté que le moniteur avait l’habitude de donner des leçons de conduite près de son domicile et qu’il utilisait son véhicule comme point de référence lorsqu’il apprenait à ses élèves à pratiquer la marche arrière. Le prévenu a indiqué que son véhicule portait auparavant des traces d’égratignures et qu’il avait demandé au moniteur de ne pas donner de leçon à cet endroit. Le moniteur lui avait répondu qu’il ne pouvait rien y faire. Un autre jour, alors que le moniteur dispensait des cours de conduite près de son véhicule, le prévenu est allé le rappeler à l’ordre, avec comme seule réponse des menaces du plaignant.
Prenant en compte les preuves présentées en cour et le témoignage du plaignant, la magistrate a porté plus de considération à la version du prévenu. Les motifs : le fait que le plaignant ait été évasif lorsqu’il avait été questionné en cour et qu’il a donné des versions différentes; de plus, aucun élève du moniteur, présent au moment des faits allégués, ne s’était présenté comme témoin pour confirmer les dires du plaignant. Qui plus est, la magistrate a appris par les voisins du prévenu, qui avaient assisté à la scène, qu’à aucun moment leur voisin n’avait agressé le moniteur, mais que c’est ce dernier qui s’était montré menaçant.
Quant à la chaîne en or, la police n’a pu établir qu’elle était en possession du prévenu. De ce fait, la magistrate a rayé les charges portées contre lui et a déclaré que l’affaire sera référée au bureau du Directeur des poursuites publiques afin que des actions nécessaires soient prises dans le cas où le plaignant aurait consigné de fausses déclarations à l’encontre du prévenu.