L’affaire du Dr Krishan Malhotra a été appelée en Cour intermédiaire devant les magistrats Renuka Dabee et Vijay Appadoo hier. Le représentant de la poursuite Me Nataraj Mooneesamy a fait savoir à la Cour, après concertation avec Me Rishi Pursem, l’homme de loi du Dr Malhotra, que ce dernier rentre au pays le 2 juin. Il a été appelé à être présent en Cour le 5 juin.
Attendu depuis plus d’un mois en tant que témoin dans cette affaire, le Dr Malhotra a fait savoir lors de la précédente séance le 8 mai dernier par l’intermédiaire de Me Pursum qu’il ne serait pas au pays avant juillet pour des raisons de santé. Il a demandé à ce que l’affaire soit repoussée au mois de juillet, période durant laquelle il pense pouvoir voyager. Ce à quoi a objecté la défense, qui a soutenu que le principal problème de cette affaire est le retard accumulé. Me Proag a fait ressortir qu’il y a déjà eu violation de l’aspect de « reasonable time » dans ce procès et que ses clients ne peuvent être encore pénalisés. Me Nuvin Proag a expliqué que ses clients sont dans l’attente d’un dénouement dans leur procès depuis trop longtemps et que la poursuite n’a pu satisfaire la cour et les parties défenderesses s’agissant du délai.
L’affaire a été appelée devant les magistrats Dabee et Appadoo hier pour connaître la position du Dr Malhotra. Me Nataraj Mooneesamy a fait savoir à la Cour que le client de Me Pursum rentre à Maurice le 2 juin. Les magistrats l’ont ainsi appelé à être présent en Cour pour déposer le 5 juin. Plusieurs témoins dont les policiers qui avaient travaillé sur l’enquête ainsi que le Dr Manna qui était l’un des ophtalmologue qui avaient examiné le Dr Malhotra ont déjà déposé. Le témoignage du Dr Ramesh Modun est attendu pour jeudi prochain.
Pour rappel, les faits remontent à mars 1998. Le Dr Krishan Kumar Malhotra, alors directeur de la clinique MedPoint et gendre de sir Anerood Jugnauth, est abordé par un homme accompagné qui avait un colis en main. Ils sont entrés dans le bureau du médecin pour discuter. Peu après, le visiteur quitte l’enceinte de la clinique précipitamment. Les employés de l’établissement privé sont ensuite alertés par les cris de leur directeur. Le Dr Malhotra avait reçu un jet d’acide sulfurique concentré au visage, créant la panique chez les employés. Interrogé par la police, Neerunjun Ramdin n’a pas nié qu’il se trouvait à la clinique le jour de l’agression à l’acide mais a insisté que sa présence sur les lieux n’était que pure coïncidence. Il clame toujours son innocence et nie toute implication dans cette agression. Quant aux brûlures à son bras, il a affirmé s’être brûlé alors qu’il faisait frire du poisson chez Kissunkumar Hazareesing. Le Dr Satish Boolell, ancien chef du département médico-légal, avait expliqué lors du premier procès que la brûlure a été causée par une substance corrosive et non pas par de l’huile chaude.
Dix ans après les faits, soit le 21 août 2008, le magistrat Pritviraj Fekna (NdlR : maintenant juge) de la cour intermédiaire condamne Neerunjun Ramdin et Kissunkumar Hazareesing à six ans de prison chacun. Le 10 décembre 2010, les accusés font appel du jugement devant la Cour suprême. Ramdin et Hazareesing avaient donné 21 voies de recours pour contester le jugement de la cour intermédiaire. Ils ont notamment affirmé ne pas avoir eu un fair trial. Les juges Asraf Caunhye et Nirmala Devat ont statué qu’il y avait des irrégularités dans le procès en nommant les articles 10 (1), 10 (2), 10 (3), 10 (9) et 82 de la Constitution. La sentence de six ans de prison a été annulée par la Cour suprême qui a ordonné « a fresh hearing of the charges by a differently constituted bench of the Intermediate Court ».