Amritraj Baotoo, poursuivi devant la Cour d’assises pour le meurtre de Satyadeo Prakash Lochun, a plaidé coupable hier, devant le juge Benjamin Marie-Joseph, d’une charge réduite de « wounds and blows causing death without intention to kill ». Après le témoignage des enquêteurs dans cette affaire et des District Clerks assignés lors de l’enquête préliminaire au tribunal de Flacq, la séance de la matinée s’est terminée avec l’audition de la femme de la victime.
« Mo pa ti ena lintansion pou touy li. Sa kine arriver mo bien sagrin », a répondu l’accusé lorsque la police l’a informé de la charge retenue contre lui. Amritraj Baotoo est défendu par Me Jean Claude Bibi dans cette affaire alors que la poursuite est représentée par Me Najiyah Jeewa.
Les faits remontent au 1er janvier 2008. Dans les dépositions données à la police, l’accusé devait affirmer qu’il connaissait Satyadeo Prakash Lochun puisque leurs domiciles sont situés à une centaine de mètres l’un de l’autre, dans la région de Camp de Masque. Selon Baotoo, une dispute aurait éclaté sur une histoire de pétards la veille du drame. Selon l’accusé, un des fils de Satyadeo Prakash Lochun s’amusait avec des pétards et il lui aurait demandé de faire attention et « envoy fizet lao ». Une remarque qui n’aurait pas plu à Lochun. Amritraj Baotoo avait alors décidé de rentrer chez lui après un petit accrochage avec Satyadeo Prakash Lochun. Le lendemain, selon l’accusé, la famille de Satyadeo Prakash Lochun se trouvait devant son domicile alors qu’il était sorti faire des courses. Ce serait à ce moment qu’une dispute aurait éclaté lorsque la famille de Lochun aurait haussé le ton et l’aurait injurié. Alors que la bagarre se poursuivait, il aurait retiré une paire de ciseaux qui se trouvait dans sa poche pour la planter dans l’estomac de Satyadeo Prakash Lochun. Selon Baotoo, Lochun avait réussi à s’emparer des ciseaux qui sont restés en sa possession jusqu’à l’heure.
La femme de la victime, contre-interrogée par Me Jean-Claude Bibi, devait contredire les déclarations de l’accusé. Selon elle, seul son mari « ti pe sonn pétard » la veille du drame et à aucun moment l’accusé n’avait discuté avec l’un de ses fils pour lui dire de diriger ses pétarades vers le haut. Mme Lochun, qui n’a pu retenir ses larmes pendant l’interrogatoire de l’avocat de la défense, a soutenu qu’une bagarre s’est ensuivie quand l’accusé, qui était en voiture, aurait tenté de les écraser. Elle soutient qu’elle ne connaissait pas l’accusé et qu’à aucun moment elle ne l’avait injurié. Selon elle, Amritraj Baotoo avait d’abord envoyé des morceaux de macadam sur sa famille et après cela elle a pris la fuite avec ses deux fils. C’est lorsque son mari et l’accusé se bagarraient que l’accusé aurait planté des ciseaux dans son estomac. Après cette agression, dit-elle, elle a aidé son mari blessé, avec l’aide de ses fils, à marcher vers un hall, en attendant l’arrivée de ses proches pour le transporter à l’hôpital.