La Cour d’assises a entendu ce matin le procès intenté à Eddy Bunny Nagen pour l’agression mortelle de son beau-père Mardaymootoo Veeromalay, le 17 mai 2008. Initialement poursuivi sous une charge de « murder », il a ce matin plaidé coupable d’une charge réduite de « wounds and blows without intention to kill ». Dans sa déposition, l’accusé avait admis avoir tué son beau-père dans un moment de colère « pour s’être mêlé de ses affaires de son couple ». Lors de l’audience, l’avocat de la défense, Me Anil Gayan, devait objecter contre certaines procédures adoptées par la Poursuite pour mener l’interrogatoire des témoins et produire les documents. Le juge Bobby Madhub a ajourné l’audience au 28 novembre afin de permettre à la Poursuite de consulter le DPP à ce sujet.La défense était assurée par Me Anil Gayan alors que le Parquet était représenté par Me Kesri Soochit. Une dizaine de témoins ont été assignés à ce procès. Le Prinicipal Court Officer qui avait sécurisé toutes les pièces à conviction présentées lors de l’enquête préliminaire a déposé, suivi des officiers de police qui avaient pris des photos et rédigé des plans du lieu du crime. Par la suite, le main Enquiring Officer de cette affaire, le sergent Mohamed Rujub a été appelé à la barre des témoins. Il a produit et lu en cour les deux dépositions de l’accusé.
Les faits remontent au 17 mai 2008. Eddy Nagen ,qui était alors âgé de 38 ans, vivait dans un appartement de la NHDC à Poste-de-Flacq. Ce jour-là, il revenait de la boutique quand il a aperçu son beau-père dans une voiture garée sur la route. Il l’avait approché pour s’enquérir et ce dernier devait lui faire comprendre qu’il avait accompagné un cousin qui était venu voir un ami. L’accusé devait alors l’inviter à passer chez lui. Une dizaine de minutes plus tard, le beau-père lui rendait effectivement une visite. Ce jour-là son épouse était également à la maison et ils ont pris un verre ensemble, après quoi l’épouse s’était retirée pour préparer à manger et ensuite se reposer. Le beau-père et le gendre ont alors continué à boire et un moment après, l’accusé est également allé se reposer dans la chambre où se trouvait son épouse. La victime était entre-temps allée dans une autre chambre. C’est là que son épouse s’est rendue chez son père et après quelques minutes ce dernier a commencé à lui reprocher de battre sa fille. « Monn dir li pa rant dan mo zafer ek nou finn koumans gagn diskisyon ». Vert de colère, il est allé dans la cuisine, s’est saisi d’une bouteille vide et a donné au beau-père un coup à la tête. Voyant que ce dernier le suivait toujours et continuait à lui parler, il va chercher une autre bouteille et recommence à lui donner des coups à la tête. Ayant à ce moment précis perdu contrôle, il l’assomme de plusieurs coups de bouteilles et le roue de coups de pied. En voyant le beau-père par terre, il prend un couteau de cuisine et lui donne un coup mortel dans le dos.
Après avoir lu la déposition de l’accusé, la Poursuite a ainsi demandé au Main Enquiring officer de produire le rapport d’autopsie pratiqué par le Dr Satish Boolell et de dire à la Cour la cause du décès. C’est là que la défense a objecté soulignant que ce n’est pas lui qui avait rédigé le rapport. Les deux parties ont longuement discuté sur la production de ce document par le main enquiring officer. Me Gayan a insisté sur le fait que la Poursuite ne suivait pas les procédures. « This is not the proper way to conduct case at the assises », a-t-il dit. La Poursuite a alors suggéré d’appeler comme témoin le Dr Boolell pour qu’il produise son rapport. Me Gayan devait alors faire remarquer que l’accusé avait déjà plaidé coupable d’une charge réduite et que mettre en évidence tous ces faits serait semblable à un procès où il y a un full hearing. La Poursuite a alors demandé plus de temps pour consulter le DPP. L’affaire a été renvoyée au 28 novembre.