Un officier de la prison de Grande-Rivière, âgé d’une trentaine d’années et comptant cinq ans de service, a été victime d’une agression hier après-midi alors qu’il se rendait à son travail. L’incident s’est déroulé à la hauteur de Vallée-des-Prêtres. L’officier, membre du PSS (Prison Security Squad), a été attaqué par « quatre individus, armés de sabres », indique Siddick Lallmohamed, président du syndicat des officiers de la prison. Blessé à la main droite, il a été admis à l’hôpital Jeetoo et s’en est sorti avec huit points de suture.
« Aux alentours de 16 h 30 hier, explique Siddick Lallmohamed, l’officier A. est sorti de chez lui, à Cité La Cure, pour aller déposer son épouse à moto à Vallée-des-Prêtres. Au retour, alors qu’il se dirigeait vers Grande-Rivière afin de prendre son service à 17 h, l’officier s’est arrêté à une intersection. C’est à ce moment que quatre hommes, armés de sabres, se sont dirigés vers lui. »
Dans un premier temps, poursuit le président de la Prisons Officers’ Association (POA), « l’officier a utilisé le casque de son épouse afin de se protéger des premiers coups de sabre qui lui ont été assenés par ses agresseurs. Hélas, il n’a pu échapper au troisième coup. Blessé à la main droite, l’officier A. devait abandonner sa moto et chercher refuge au poste de police d’Abercrombie. Les officiers lui ont porté secours et l’ont conduit à l’hôpital Jeetoo pour les premiers soins. Sa blessure a nécessité huit points de suture, avant d’y être admis ». Par ailleurs, continue M. Lallmohamed, « des amis et collègues de l’officier A. sont allés récupérer sa moto ».
Pour la POA, « à ce stade, nous ignorons encore les dessous de cet incident. Une enquête ayant été initiée par la police, nous devons en attendre les conclusions ». Cependant, souligne le porte-parole des officiers de la prison, « tou dimounn kone ki PSS mal vu dan la sosyete. Ils sont très vulnérables étant donné qu’ils sont affectés à une unité spéciale chargée de faire régner l’ordre et la discipline chez les détenus et qu’ils interviennent dès qu’il y a du grabuge. Les PSS sont souvent des cibles des potentiels agresseurs ». Et de renchérir : « Une fois encore, la vie d’un officier a été mise en danger. Nous espérons que les autorités vont pleinement collaborer afin que la sécurité des officiers de la prison soit accrue. » M. Lallmohamed précise : « Les officiers de la prison mettent leur vie en danger quotidiennement. Ils sont une cible potentielle pour ces détenus qui n’apprécient pas qu’ils font respecter l’ordre et la discipline à l’intérieur de la prison. »
Au vu de cette agression, relève encore M. Lallmohamed, « il est clair que cet officier était surveillé par ses agresseurs… D’où notre demande pour un renforcement des mesures de sécurité en faveur de nos officiers ». Selon lui, « il faudra songer à véhiculer les officiers se rendant à leur travail en les récupérant à leur domicile. Cela diminuerait partiellement les risques d’attaques… »
Dans un autre souffle, le président de la POA ajoute : « Nous déplorons cet acte barbare et ignoble commis sur un officier. Et nous regrettons surtout qu’aucune de nos représentations en ce sens n’a été prise en considération dans le dernier exercice du rapport du PRB ! » Il élabore : « Avant que le rapport ne soit finalisé, nous avions souligné que nous mettons nos vies en danger et demandions une compensation équitable en ce sens. Mais cela ne s’est pas traduit dans le rapport quand il a été rendu public… »
Siddick Lallmohamed termine en rappelant que « vendredi, la POA tiendra son assemblée générale. Cette agression sera à l’ordre du jour… »