Le Mauricien Ameet Mohabeer, 28 ans, qui était employé comme Healthcare Assistant à l’hôpital de Luton and Dunstable, dans le Bedfordshire en Angleterre, a été retrouvé mort à son domicile dimanche dernier. En liberté sous caution, il était accusé de 17 chefs d’accusation pour agression sexuelle sur 14 patients masculins. Ces derniers avaient porté plainte contre lui alors qu’ils occupaient le Ward 17 de l’hôpital. Mohabeer, qui travaillait dans ce ward, avait été arrêté, puis libéré sous caution. Il avait plaidé non-coupable lors de sa comparution en cour le 15 septembre dernier. L’information, qui a été relayée par le site internet de la BBC, laisse aussi entendre qu’avec la mort d’Ameet Mohabeer, aucun procès n’aura lieu…
Selon les informations disponibles, le procès intenté à Ameet Mohabeer dans le cadre de 14 agressions perpétrées sur des patients masculins âgés de l’hôpital allait avoir lieu dans le courant de l’année prochaine. Les patients en question étaient tous admis au Ward 17 de l’hôpital, qui est consacré à ceux ayant souffert de crises cardiaques. Mohabeer était affecté à ce département depuis 18 mois, lorsque les accusations d’agression sexuelle ont commencé à pleuvoir en février de cette année.
Son corps a été découvert à son domicile de Butley Road, à Luton, dimanche dernier. Pour la police de Luton, il ne s’agit pas d’un foul play. Ameet Mohabeer se serait donné la mort. Cependant, une enquête spéciale, une inquest, a été ouverte dans le but de déterminer les circonstances exactes de ce qui semblerait être un cas de suicide. Selon la BBC, « police said the death was not being treated as suspicious ». La BBC cite aussi une porte-parole de la police. Cette dernière devait préciser : « No further details can be given until an inquest has been opened, which will be in the next few days. »
Des suites de la multiplication des dénonciations contre Mohabeer, une Helpline avait été créée dans le but de permettre à d’autres éventuelles victimes de se faire connaître et de parler aux enquêteurs en toute discrétion. Les responsables de l’hôpital de Luton and Dunstable ont aussi contacté plusieurs patients en leur demandant d’aller de l’avant avec les dénonciations contre Mohabeer. Depuis le 17 septembre 2009, la direction de l’hôpital avait adressé du courrier à ses patients, en insistant qu’il était impérieux pour eux de se faire connaître s’ils avait des raisons de croire qu’ils « may have been subject to any behaviour that made them feel anxious or uncomfortable ».
En juillet dernier, le suspect Mohabeer avait été formellement accusé de 13 cas de « sexual assault on male patients » de l’hôpital et quatre autre cas de « causing or inciting a person with a mental disorder or learning disability to engage in sexual activity », soit 17 charges au total.
Du côté de l’hôpital, un responsable a fait ressortir que la nouvelle de la mort d’Ameet Mohabeer est connue. « Staff at the hospital have been informed and we understand a trial will not be taking place. »
Rapportant la nouvelle du décès de Mohabeer dans son édition électronique il y a quelques jours, le Herald and Post de Luton cite une des victimes alléguées d’Ameet Mohabeer : « La police est venue me voir lundi après-midi pour me dire qu’il s’était suicidé la veille. Ils m’ont dit qu’ils voulaient m’annoncer la nouvelle avant qu’elle ne soit aux informations. Mais ils ne m’ont rien dit d’autre à propos de ce qui s’était passé. Quand j’ai été victime, on m’avait dit en premier lieu que j’avais imaginé des choses. On ne m’avait alors pas pris au sérieux. Pourtant, ce n’est pas le genre de choses qu’on imagine, n’est-ce pas ? Vous allez à l’hôpital pour vous faire soigner afin d’aller mieux, et non pas pour vous faire agresser sexuellement… »
Le 15 septembre dernier, Mohabeer avait comparu au St Albans Crown Court de Luton. Il avait une nouvelle fois plaidé non-coupable, tout comme il l’avait fait lors de sa comparution initiale à la Luton’s Magistrate Court en juillet dernier. Du côté de la police, on attend désormais d’obtenir plus de détails quant aux circonstances de son décès. Les recherches en vue de retrouver une éventuelle note de suicide se sont avérées vaines pour le moment. Tout en ne préjugeant pas les résultats de l’enquête visant à faire la lumière sur sa mort, la police n’écarte pas la possibilité que Mohabeer aurait mis fin à ses jours car tenaillé par le remords, et sachant que ses chances d’être condamné étaient très grandes…