Petit État insulaire ayant un espace territorial dépassant à peine les 2 000 km2, Maurice est un pays qui ne produit presque pas d’aliment de consommation de base de la population, notamment le riz et le blé. « Nous sommes un net importateur de produits alimentaires, soit environ 75 % de nos besoins », a fait ressortir le ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun, lors d’un atelier de la Plateforme régionale en Recherche agronomique pour le développement (PRERAD) sur la sécurité alimentaire dans la région.
Mahen Seeruttun a rappelé que « les terres cultivables sont très limitées » à Maurice et que « les difficiles conditions climatiques ne sont guère favorables » pour une production optimale et économique des aliments de base de la population. Toutefois, le pays est autosuffisant en légumes et produit la totalité de ses besoins en viande – poulet, cerf – et oeufs, mais seulement 9 % de sa consommation annuelle de viande bovine et seulement 5 % de lait frais. Cependant, fait-il ressortir, « bien que le pays soit autosuffisant en poulet et en oeuf, ce secteur dépend entièrement de l’importation des intrants, dont le maïs, de 145 300 tonnes annuellement ». Cette grande dépendance de la facture des importations sur le marché extérieur a fait augmenter la facture de Rs 7,7 milliards en 2000 à Rs 31,4 milliards en 2015, soit une hausse de plus de 400 %. « À part les raisons financières, notre approvisionnement en produits alimentaires est aussi sujet à d’autres risques qui sont plus importants, surtout en période de conflits », dit-il, ajoutant que « tous ces facteurs démontrent que Maurice, aussi bien que les autres Petits États insulaires de la région, est très exposée à la crise alimentaire ».
C’est dans ce contexte, indique Mahen Seeruttun, que « Maurice doit repenser sa stratégie sur la sécurité alimentaire ». Il souligne que des actions et des interventions à différents échelons de la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire et axées sur la gestion des ressources et des systèmes de production de même que des systèmes de commercialisation et du cadre réglementant l’accès à de grandes chaînes de distribution ont été lancés. Selon lui, le succès de toutes ces actions repose, directement ou indirectement, sur la recherche dans le domaine agroalimentaire pour améliorer le potentiel des ressources génétiques, la mécanisation des opérations et les pratiques culturales, la lutte contre les maladies et ravageurs de cultures, le développement des variétés résistantes aux changements climatiques et l’amélioration de la productivité et la qualité des produits agricoles dans tous les sens.