Le ministre de l’Agro-Industrie et de la Sécurité alimentaire Satish Faugoo se dit en faveur de l’établissement d’une base de données sur les mauvaises herbes dans la région ainsi que la mise en place d’un système de surveillance pour minimiser les risques de mouvements transfrontaliers des mauvaises herbes et des plantules de mauvaises herbes. Il intervenait hier à l’ouverture officielle d’un atelier de travail de quatre jours sur le thème “Weed Identification and Knowledge in the Western Indian Ocean”, à Réduit, devant un grand nombre de participants, mauriciens et étrangers.
M. Faugoo a ainsi dit espérer que ce projet soit un catalyseur pour transformer la stratégie de gestion des mauvaises herbes dans la région, de sensibiliser et de contribuer à la bio-sécurité dans la région par rapport aux différentes espèces de mauvaises herbes. Selon le ministre, cet atelier de travail est l’occasion rêvée pour les scientifiques, agents de vulgarisation et agronomes de partager des informations sur un sujet relevant d’une importance fondamentale. « Les mauvaises herbes affectent la croissance des cultures et peuvent provoquer une importante diminution du rendement des cultures. En fait, les effets néfastes des mauvaises herbes sur les cultures s’étendent au-delà de la simple réduction du rendement des cultures », a déclaré M. Faugoo, pour qui le contrôle des mauvaises herbes relève d’une importance primordiale pour les agriculteurs. « Les producteurs sont conscients de l’impact négatif sur le rendement de leurs récoltes causées par les mauvaises herbes. Par conséquent, la mise en oeuvre de ce projet est très approprié pour traiter de cette question », a-t-il dit.
Le ministre a soutenu que les connaissances acquises conduiront également à l’utilisation judicieuse d’herbicides. « C’est fondamental, dans la mesure où les herbicides coûtent cher – environ Rs 300 M sont dépensées annuellement à Maurice sur les herbicides – et sont sources de préoccupation pour l’environnement tout en représentant un danger pour la santé », a souligné le ministre. Cette question de santé publique a incité son ministère à examiner tous les pesticides utilisés à Maurice et de demander la radiation de ceux considérés dangereux.
Le Dr Thomas Le Bourgeois, chef de projet chez CIRAD, a estimé pour sa part que la sécurité alimentaire et l’économie de la région dépendent principalement de la production agricole locale ou régionale. « Cependant, la production agricole – qu’il s’agisse de cultures vivrières ou de “cash crop” –, souffre de diverses contraintes, dont les mauvaises herbes. Ces dernières sont considérées comme la principale cause de perte de production », a-t-il déclaré. Et de soutenir dans le même temps que, « dans une perspective d’une réduction internationale des coûts de production et de développement durable, la gestion de l’environnement est une préoccupation majeure pour les agriculteurs, les agents de la vulgarisation, les agronomes, les chercheurs et les décideurs politiques ».