Le ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire Mahen Seeruttun a annoncé en fin de semaine dernière l’institution d’un comité pour dégager un plan d’action sur la culture bio, en droite ligne avec la démarche du gouvernement visant à atteindre une production bio de fruits et de légumes à hauteur de 50% d’ici 2020. C’était à l’occasion du lancement d’un véhicule réfrigéré offert à l’Association Le Vélo Vert par le GEF Small Grants Programme, sous l’égide du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Ce véhicule réfrigéré permettra à l’association Le Vélo Vert de livrer fruits et légumes organiques dans des conditions hygiéniques.
Mahen Seeruttun est catégorique : les consommateurs seront les premiers à apprécier l’entrée en opération de ce véhicule réfrigéré. « Je suis ravi de constater que votre association, qui gère une ferme agricole, s’intéresse de près à l’avenir de l’agriculture biologique, un concept progressiste. Vous faites déjà un travail remarquable sur le terrain. Votre contribution au futur de ce secteur est donc essentielle », a-t-il lancé à l’association. Il a poursuivi pour dire que la demande en aliments sains produits localement sans utilisation de pesticides, d’insecticides et d’autres intrants chimiques, est bien réelle aujourd’hui. « Le gouvernement en est conscient. D’où notre décision de créer des conditions pour le développement de l’agriculture bio. Nous voulons que les agriculteurs se tournent progressivement vers le bio, favorable pour l’environnement, l’économie et la biodiversité », a-t-il déclaré.
Poursuivant, Mahen Seeruttun a fait une analogie entre la terre et l’être humain. « Il arrive un moment où, trop fatiguée, la terre refuse de donner ou produit mal. Les produits chimiques épuisent les sols, les rendent malades et les empêchent de se régénérer. C’est pour cette raison que nous voulons que les engrais chimiques et autres pesticides soient remplacés par le fumier, du compost exclusivement végétal et des fertilisants bios. Cette mesure apportera alors un équilibre entre le sol et les cultures », a-t-il souligné.
Pour Pamela Bappoo-Dundoo, coordinatrice nationale du GEF Small Grants Programme, l’acquisition de ce véhicule réfrigéré par Le Vélo Vert est le dernier projet financé dans le cadre de l’agriculture durable. Elle a rappelé que le programme GEF a commencé il y a 20 ans avec le financement de projets dans le domaine de l’environnement à hauteur de USD 50 000  par projet. « La nouvelle phase opérationnelle démarrera à partir de juillet 2015, où on espère avoir suffisamment d’argent pour soutenir les projets agro-écologiques », a-t-elle encore dit.
Selon elle, malgré ce que l’on peut dire, « Maurice est trop contente d’utiliser les produits chimiques ». Elle estime ainsi que l’on « peut faire de l’agriculture sans chimie en diminuant les concentrations et les pulvérisations », avant de dénoncer ceux qui diminuent l’utilisation des produits chimiques de 1% « et viennent dire qu’ils font du bio ». Et de reprendre : « On utilise 55 000 tonnes d’engrais chimiques et 2 000 tonnes de pesticides chaque année dans notre petite île. Bien sûr, on nous dit qu’on ne peut prouver ses effets sur la santé. Il n’y a en effet pas d’études menées à Maurice, mais un rapport de l’INSERM? en date de 2013, démontre clairement l’impact des produits chimiques sur la santé humaine. »
Lancée en 2012, l’association Le Vélo Vert, dont la présidente est Géraldine d’Unienville, se veut être le relais entre les agriculteurs et les consommateurs, en aidant les premiers à distribuer leurs légumes auprès d’un public niche et les seconds à s’acheter des produits qui ne sont pas disponibles ailleurs. « Le Vélo Vert a, à travers des actions de conscientisation mené dans les écoles et les marchés, observé une croissance encourageante dans l’intérêt du public, qui est désormais un réél consommateur en faveur d’une agriculture sans chimie et qui est responsable », a déclaré Géraldine d’Unienville.