Le Mouvement Autosuffisance Alimentaire (MAA) a lancé cette semaine, avec le soutien du ministère de l’Agro-industrie, un programme de formation agricole à l’intention des élèves des écoles primaires de l’île. Ceux de deux écoles ZEP (Zone d’éducation prioritaire) – à savoir celles de Cité Vallijee et de Pointe-aux-Piments – ont été les premiers à en bénéficier.
Eric Mangar, manager du MAA, indique que ce programme concerne les élèves de Std IV et V ainsi que ceux du CPE. Des bacs ainsi que tous les outils agricoles nécessaires leur sont offerts gratuitement. En théorie et en pratique, les élèves apprennent à fabriquer leur propre compost, à pratiquer le “mixed farming”, à utiliser des légumineuses pour enrichir la terre et à refaire la fertilité du sol. Une centaine de semences, qu’ils cultiveront chez eux, sont également distribuées aux élèves pour leur permettre de continuer leur formation.
Un autre volet de cette formation consiste à apprendre aux élèves à mieux connaître la composition en termes de protéines, d’énergie, de graisses, de magnésium et de calcium, entre autres, des aliments qu’ils consomment chez eux que sont le riz, la farine, les légumes, la viande, les oeufs et le pain. « Ils apprennent aussi à distinguer les graisses saturées des insaturées, de même que la portion de légumes et de viandes qu’il faut consommer quotidiennement pour rester en bonne santé », indique Eric Mangar. Le manager du MAA observe que la démarche n’est pas seulement de former les élèves et, par extension, la population à l’agriculture organique. « Elle vise aussi, et surtout, à leur faire comprendre que ce système de production agricole est crucial pour la fertilité du sol et l’écologie. Elle dépasse largement le cadre des produits chimiques. »
Très engagé dans la formation agricole et la promotion du développement durable, le MAA travaille également avec des entreprises du secteur privé, dont Omnicane, où il a récemment formé des employés aussi bien que des habitants vivant dans la “catchment area” de cet établissement sucrier. Eric Mangar indique que la formation est assurée selon les principes des « bonnes pratiques bio », telles le “mulching” pour prévenir la pousse des mauvaises herbes, ou encore le “mixed-crop gardening”, où l’on cultive plusieurs variétés de légumes, l’un à côté de l’autre, dans le même carré ou bac.