Lors d’un atelier de travail sur les amendements proposés à la loi de 2004 sur les Organismes génétiquement modifiés (OGM), tenu à Réduit, en fin de semaine dernière, le ministre de l’Agro-industrie et de la sécurité alimentaire, Mahen Seeruttun, a annoncé la création d’un National Biosafety Office en vue de faire respecter les dispositions de cette loi. Cet atelier était animé pendant deux jours par le Dr Jane Moris, consultante américaine en Life sciences.
Mahen Seeruttun considère malheureux que seulement quelques articles de la GMO Act 2004 ont été jusqu’ici proclamés. « Pour l’implémentation de cette loi, il y avait lieu de rédiger une série de règlements, de même que mettre en place des facilités telles qu’un Biosafety Office pour s’occuper des affaires administratives concernant la biosécurité et l’implémentation de la loi. En plus, il fallait aussi mettre en place un laboratoire pour tester les OGM », dit-il. Il y avait lieu, ajoute-t-il, d’aligner la loi mauricienne avec les développements qui ont eu lieu dans ce domaine à travers le monde ces dernières années. Les mesures nécessaires seront prises cette année, a-t-il indiqué, en vue de proclamer cette loi.
Le ministre a rappelé que le progrès accompli par la science dans la manipulation et le transfert génétique d’un organisme à un autre est une réalité. « Cependant, nous ne devons pas oublier que la manipulation génétique par les humains n’est pas nouvelle mais que la façon de faire les choses a changé. Sur le plan agricole, la plupart des plantes de nos jours sont sensiblement différentes de leurs ancêtres sauvages d’il y a quelque 7 000 ans car elles ont été améliorées à travers la reproduction sélective, les rendant attirantes aux cultivateurs et aux consommateurs qui sont constamment à la recherche de meilleures variétés avec des caractéristiques spécifiques qui les rendent plus résistantes aux maladies, tout en améliorant leur rendement et leur qualité ».
Mahen Seeruttun a rappelé que cette technologie existe depuis environ quatre décennies « mais [qu’]il y a encore de la résistance à son sujet à travers le monde ». Il a indiqué que la technologie peut ajouter un ou deux gènes aux 30 000 gènes qui existent dans les plantes et dans les 22 000 qui existent dans les humains. « La plante de base ou l’animal reste le même sauf que grâce à la transformation génétique, on ajoute un nouveau gène qui exprime un caractère spécifique, par exemple, la résistance à la sécheresse ou aux maladies, dans les cas des plantes », a souligné le ministre.
Selon lui, l’une des questions les plus importantes concernant les produits OGM est le labeling afin d’offrir un choix aux consommateurs. « Le labeling est requis dans environ 64 pays », a-t-il indiqué, avant de faire ressortir que des cultures majeures telles que le maïs, le soja, le coton ou encore la betterave ont été génétiquement modifiées en vue d’améliorer leur résistance aux insectes. Elles ont été très vite adoptées aux États-Unis. Les cultures OGM de par le monde ont atteint une superficie de 185,1 millions d’hectares en 2016. En Afrique, l’Afrique du Sud est le premier producteur de produits OGM, dont le maïs et le coton. Et Maurice est le premier pays signataire, depuis 1992, du Cartagena Protocol on Biosafety to the Convention on Biological Diversity (CBD).