Des planteurs de canne et de légumes dans le Nord sont en train de renoncer « pour de bon » à leurs terres, affirme Kripalou Sunghoon, secrétaire de la Small Planters Association. Entre 700 et 800 arpents, précise-t-il, ont été récemment abandonnés et il n’y a « aucune chance » que ces terres retournent à l’agriculture.
« Je confirme que beaucoup de planteurs qui cultivaient auparavant quatre à cinq arpents de terre n’utilisent désormais qu’entre un et deux arpents. Nous avons un manque d’eau et d’informations, un problème de changement climatique, de vieillissement de la main-d’oeuvre, de recherche dans l’agriculture », soutient Kripalou Sunghoon, secrétaire de la Small Planters Association (SPA).
Concernant l’irrigation, le secrétaire de la SPA affirme que les planteurs dans le nord du pays ont commencé à souffrir d’un manque d’eau il y a trois ou quatre ans. Ce qui a amené pas mal d’entre eux à délaisser leurs plantations. La situation, avance Kripalou Sunghoon, s’est aggravée depuis juin 2011 lorsque l’Irrigation Authority (IA) a commencé à rationner l’eau dans cette partie de l’île.
« Sans eau les planteurs ne peuvent cultiver la terre », fait ressortir Kripalou Sunghoon. Il indique que les cultures ont besoin d’eau au moins une fois par semaine. Or, ajoute-t-il, l’IA leur en fournit qu’une fois tous les 15, 20 ou 45 jours. Il est d’avis que l’eau ne manquerait pas dans le réservoir de La Nicolière « ki pe deborde e pe al ver lamer ». Mais les planteurs, ajoute-t-il, n’en ont pas pour irriguer leurs plantations.
« Nous avons discuté avec les autorités pour que nous ayons davantage d’eau à notre disposition mais cette fois c’est l’IA qui n’a pas d’équipements ou de main-d’oeuvre pour assurer le service », déclare M. Sunghoon, avant d’estimer que les planteurs sont les premières victimes du développement qui a lieu dans le nord du pays. « Parski lotel e ERS pe kontinye gayn dilo me pa nou », ajoute notre interlocuteur.
Le secrétaire de la SPA avance un autre élément touchant les planteurs : l’absence de recherche dans le domaine agricole. « Nou legim pe degenere. Maladi, yellow leaf, anthracnose pe manz zot depi boukou lane. Naryen pa pe fer kont sa », souligne-t-il, estimant que le gouvernement n’est pas « farmers’ friendly ».
M. Sunghoon évoque aussi le manque d’informations agricoles dans le pays. Citant l’exemple de la culture de la pomme d’amour, le secrétaire de la SPA indique que ce légume se vend actuellement à plus de Rs 50 le demi-kilo. Dans deux mois environ, souligne-t-il, « pou zet pom damour ». « Ki fer ? » s’interroge-t-il. « Il y a un manque d’information à ce sujet et ce pour tous les légumes. Plus de 2 000 arpents de terre ont été récemment mis sous culture de la pomme d’amour. Ki pou arivé kan tou pou sorti enn sel kou ? » se demande-t-il.
Le secrétaire de la SPA a finalement commenté le Rainwater Harvesting Scheme lancé la semaine dernière par le ministère de l’Agro-industrie. Il trouve « aberrant » un tel projet « kan nou kone ki dan le nor nou gayn lapli zis dis zour lor 365 ». M. Sunghoon est d’avis qu’on aurait dû investir les Rs 12 millions de ce plan dans la recherche agricole, dans la construction d’un wholesale market et la vulgarisation des informations agricoles collectées par l’Agricultural Research and Extension Unit.