Le président sortant de la Chambre d’agriculture, Nundlall Basant Roy, estime que la récente sécheresse à Maurice a démontré la vulnérabilité du pays. « Nous devons nous attaquer à sa racine, c’est-à-dire au captage et à la distribution de l’eau, une question qui doit devenir une priorité nationale », a-t-il déclaré lors de la dernière assemblée générale de la Chambre, tenue à Port-Louis à la fin de la semaine dernière.
M. Basant Roy dit que l’agriculture est tributaire d’une fourniture d’eau constante à un coût raisonnable. Or, depuis le début de l’année, le coût de l’eau pour l’agriculture a augmenté de façon exponentielle — jusqu’à 4 500 % selon lui dans certains cas. « À un moment où la politique nationale est axée sur la sécurité alimentaire et où le coût des intrants agricoles ne cesse d’augmenter, le prix de l’eau décourage les planteurs à investir. Cette situation remet en question la viabilité de la production dans certaines régions si les prix actuels sont maintenus », fait-il ressortir. Le président sortant a demandé au ministre de l’Agro-industrie, Satish Faugoo, de se faire le porte-parole de la communauté agricole sur cette question au gouvernement.
S’agissant des terres agricoles, il dit constater que celles consacrées à la production alimentaire hors sucre ne dépassent pas les 7 000 hectares depuis ces dernières années et que la production vivrière peine à dépasser les 100 000 tonnes annuellement. « Nous espérons voir des résultats probants avec la première phase de distribution des 1 000 arpents de terre mis à la disposition du gouvernement par la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) », dit-il.
M. Basant Roy a également commenté la faiblesse de l’euro par rapport à la roupie, avec comme corollaire le prix payé aux producteurs pour leur sucre. « Nous avons obtenu un prix de Rs 16 000 la tonne de sucre pour la récolte 2011, qui résulte des efforts intenses des partenaires de cette industrie. Il est à craindre que ces efforts pour gagner en efficience et en productivité soient anéantis en l’absence d’une monnaie en adéquation avec nos fondamentaux économiques ».