La Mauritius Cooperative Agricultural Federation (MCAF) a tenu hier son assemblée générale au centre scientifique Rajiv Gandhi, à Bell-Village. L’occasion pour son président, Soobas Muniah, de rappeler que les agriculteurs se montrent « très intéressés » par les produits bio-fertilisants que la fédération a importé de l’Inde dans le contexte du projet “Maurice Île Durable” ainsi que pour protéger l’environnement à Maurice. Ainsi, huit nouveaux bio-fertilisants et bio-pesticides sont offerts en vente aux agriculteurs. Ces produits sont vendus dans les 13 points de la MCAF à travers le pays.
« Notre projet de construire une usine de bio-fertilisants à Maurice est bien avancé. L’année dernière, nous avons recruté un Technical Officer, formé en Inde, pour mener à bien ce projet », a dit Soobas Muniah devant les membres de la fédération. Ce projet devrait coûter Rs 5,2 M, dont Rs 3,5 M viendront de la compagnie indienne IIFCO. M. Muniah a aussi dit s’attendre à ce que ce projet soit concrétisé durant l’année en cours.
Autre projet qui intéresse la MCAF : la construction d’un bâtiment sur un terrain que la fédération a acheté à Henrietta en décembre 2012. Une partie de ce bâtiment servira de point de vente tandis que l’autre partie, elle, sera louée à d’autres opérateurs économiques. Faisant un tour d’horizon du secteur de la canne à sucre, M. Muniah a rappelé que cette industrie « passe par des moments difficiles », estimant que « des planteurs sont en train d’abandonner leurs terres » sous cette culture. « Auparavant, on dénombrait environ 22 000 petits planteurs et le pays produisait entre 650 000 à 700 000 tonnes de sucre. Du fait de la baisse de 36% des prix du sucre, il nous reste seulement aujourd’hui 9 000 petits planteurs alors que Maurice ne produit plus que 400 000 tonne de sucre. Ils réduisent aussi le volume d’intrants utilisés dans leurs plantations », a-t-il fait ressortir.
La MCAF a subi, a-t-il indiqué, un manque à gagner de Rs 1,7 M en 2013, ce que la fédération explique par le fait que les planteurs utilisent moins de fertilisants et d’herbicides. Mais aussi du fait de la compétition, plus dure sur le marché, et des « fraudes commises dans certains points de vente » de la fédération. « Nous avons institué un comité disciplinaire indépendant pour enquêter sur ces fraudes », a-t-il cependant indiqué. Selon M. Muniah, la MCAF annoncera sous peu des mesures pour réduire ses dépenses.