Les prix forts que paient actuellement les consommateurs pour la pomme d’amour au marché – entre Rs 100 et Rs 125 le demi-kilo – seraient dus à une nouvelle maladie qui affecte les légumes depuis la fin de l’année dernière. Selon des agriculteurs dont les plantations ont été touchées, beaucoup de personnes pensent que ce sont les récentes intempéries qui sont la cause de cette manque de pomme d’amour alors que ce n’est pas le cas.
« Cette maladie, qui s’attaque à la plante et noircit les fleurs, tue la plante, affectant aussi le rendement. Aucun pesticide recommandé par les techniciens de l’AREU n’est venu à bout de ce problème jusqu’ici », affirme un agriculteur du Nord qui cultive ce légume depuis ces trois dernières décennies. « Je n’ai jamais vu une telle maladie qui résiste aux pesticides », ajoute-t-il.
Actuellement, ce planteur cultive deux hectares du côté de Beau-Plan mais dans son voisinage, la pomme d’amour est cultivée sur une superficie d’une dizaine d’hectares. Toutes les plantations sont abandonnées avec des petits fruits encore visibles sur les plantes malgré l’application de « toutes sortes de pesticides ». Il dit attendre l’hiver pour voir ce qui se passe avec la maladie, si elle va disparaître ou si elle pourra être maîtrisée par des pesticides.
Selon le ministère de l’Agro-industrie, trois espèces de puce – Paracoccus marginatus, Phenacoccus solenopsis et Planococcus kenyae – ont été identifiées. Il indique que la Phenacoccus solenopsis est présent à Maurice depuis janvier 2011 ; la Paracoccus marginatus a été trouvé à La Réunion en 2010 et il est aussi présent à Maurice alors que très peu d’informations sont disponibles sur le troisième. « La récente épidémie serait due au changement climatique qui a favorisé son développement », fait-on ressortir au ministère. Il a ainsi été décidé d’interrompre le programme d’épandage de pesticides en vue de permettre aux prédateurs de se renforcer comme ce fut le cas à La Réunion, et de continuer l’évaluation des agents de contrôle biologique. Il envisage aussi la possibilité d’introduire d’autres agents de contrôle biologique.