Malgré les différentes mesures prises par le gouvernement, la production vivrière, excluant les fruits, a chuté de 96 790 tonnes en 2012 à 83 004 tonnes en 2015, soit une baisse de 14 %. C’est ce que révèle le dernier rapport du directeur de l’Audit sur le thème « Boosting Food Crop Production », déposé au Parlement la semaine dernière. L’on croit savoir que cette baisse s’est poursuivie en 2016, en attendant les chiffres officiels de Statistics Mauritius qui seront publiés dans le courant de l’année.
D’emblée, l’Audit revient sur les divers plans et subventions accordés aux planteurs. Il dit n’être en présence d’aucune donnée quant à savoir si le ministère de l’Agro-industrie aurait suffisamment étudié l’intérêt et l’engagement de la communauté des planteurs avant de proposer les différents plans visant à augmenter la production maraîchère. De plus, aucun objectif n’avait été dégagé par rapport au nombre de bénéficiaires sous chacun des plans. Répondant à cet argument de l’Audit, le ministère soutient que des rencontres informelles régulières ont eu lieu avec la communauté et qu’il était difficile de dégager des objectifs car « the agricultural sector is dynamic. »
Détaillant les divers plans, l’Audit indique qu’entre 2013 et 2015, seuls 32 des 11 717 planteurs estimés par le FAREI avaient pris avantage du plan « Sheltered Farming Scheme, Crop Nursery/Curing Units Scheme and Rainwater Harvesting Scheme. » Le pourcentage était très bas. Cependant, le nombre de bénéficiaires sous ces trois plans est passé à 33, 5 et 31 respectivement en juin 2016.
S’agissant de la « Post Harvest Facility », construite en 2013 à Terre-Rouge au coût de Rs 2,6 M sur un terrain obtenu de la Mauritius Sugar Planters Associaton (MSPA), l’Audit indique que selon le Food Security Fund Management Committee, cette facilité n’était pas utilisée convenablement par les planteurs de la région. D’ailleurs, ils n’étaient pas intéressés à le faire. Pourtant, le FAREI a effectué des dépenses de l’ordre de Rs 1,2 M pour la maintenance du bâtiment en question ainsi que le règlement des factures d’électricité et du service de gardiennage.
Poursuivant son analyse, l’Audit explique que les planteurs sont encouragés à acquérir des équipements et autres outils sous le « Agricultural/Processing Equipment Scheme » et aussi de s’engager dans la transformation des produits agricoles et autres activités à valeur ajoutée. Cependant, le ministère n’avait aucune stratégie concernant la mécanisation des activités agricoles. Au 30 juin 2016, soit trois ans après le lancement de ce plan, 83 planteurs seulement en avaient pris avantage et avaient bénéficié d’une somme de Rs 3,4 M.
D’un budget de Rs 40 M, seulement Rs 9,44 M ont été déboursées en 2013 sous le « Compost Subsidy Scheme » en faveur de 434 des 5 137 planteurs enregistrés. Une somme de Rs 52,5 M avait été prévue sous ce plan pour la période janvier 2014 à juin 2016 mais la somme déboursée se chiffre à quelque Rs 34,4 M. Durant cette période, environ 4 668 tonnes de compost ont été livrées à 3 461 planteurs.
Analysant les « strategic crops » que sont la pomme de terre, l’oignon et l’ail, l’Audit observe que l’autosuffisance en ce qui concerne la pomme de terre avait chuté de 95 % en 2012 à 58 % en 2015. La production de ce féculent chuta de 20 442 tonnes en 2012 à 16 427 tonnes en 2015 alors qu’une production additionnelle de 5 000 tonnes était prévue. En ce qu’il s’agit de l’oignon, la production attendue était de 8 000 tonnes en 2015, représentant un niveau d’autosuffisance de 50 %, mais elle n’atteignit que 6 898 tonnes. Finalement, le niveau d’autosuffisance de 5 % est resté le même en 2015 pour l’ail, alors que l’objectif visé était de 10 %, soit une production de 200 tonnes.
En conclusion, l’Audit rappelle que le ministère a dépensé une somme de Rs 110 M sur ces plans et subventions durant la période de 2013 à 2015, sans pour autant arriver à augmenter la production vivrière dans le pays. La tendance était plutôt à la baisse.