Le Professeur Jagdish Tarafdar, éminent scientifique indien, qui était en visite à Maurice à la fin de la semaine dernière, déclare que les biofertilisants améliorent la santé du sol et qu’il n’y a pas lieu d’utiliser les produits chimiques pour nourrir les plantes en vue de cultiver des légumes et des fruits de bonne qualité. Il a animé un atelier de travail au siège de la Farmers Service Corporation (FSC), à St-Pierre, à l’intention d’une centaine d’agriculteurs sur le thème de l’agriculture durable et les fertilisants bio de la quatrième génération.
Dans sa présentation, le Pr Tarafdar a expliqué comment les nano-nutrients peuvent rendre les plantes plus actives en mobilisant les nutriments indisponibles aux plantes, augmenter par quatre fois l’efficience des nutriments, améliorer la qualité du sol et le rendement. « Ce type de fertilisants est très sûr et n’a aucun effet néfaste sur les humains, les animaux et les plantes », soutient-il, avant d’expliquer les caractéristiques et les bienfaits du bio-farming.
Dans le bio-farming, souligne-t-il, on n’utilise pas des produits chimiques mais des bio-fertilisants, du compost ou du fumier faits avec des résidus de la ferme. On favorise aussi la rotation des cultures. « Les bio-pesticides et les bio-fertilisants sont produits à partir des matières organiques – céréales, graines et autres résidus », dit-il, avant de faire ressortir qu’aucun élément chimique n’est ajouté à ces produits qui sont tous d’origine végétale.
Le Pr Tarafdar indique que la nanotechnologie est maintenant utilisée dans la production des nanoparticles des nutriments des plantes à partir des sources biologiques ; celles-ci sont encapsulées dans la protéine principale et entrent dans les plantes à travers les feuilles, les racines et les branches. De cette manière, les plantes deviennent plus actives. Ce qui n’est pas possible, dit-il, dans les autres méthodes agricoles.
S’agissant de la différence entre le bio-farming et le zero-budget natural farming, le Pr Tarfadar explique que ce dernier est aussi une forme de bio-farming où l’importance est donnée aux résidus de la ferme disponibles, aux excréments des animaux et autres ressources disponibles sur place. « Dans le zero-budget natural farming, on a besoin de plus d’animaux tels les vaches, les boeufs, les chèvres, les moutons et les poules pour entretenir quelques hectares de terre. On aura besoin de plus d’excréments d’animaux pour de plus grandes superficies de terre », dit-il.
À Maurice, ces produits sont disponibles auprès du Food and Agricultural Research Extension Institute (FAREI) ainsi que chez Prathista Nutri Mauritius Limited. Cette entreprise offre toute une variété de fertilisants bio qui peuvent être appliqués directement aux plantes, en folière, à travers le système de fertigation ou le système d’irrigation goutte-à-goutte. Sans oublier des intrants pour contrôle les insectes et les maladies, des produits intégrés pour les légumes aussi bien que les fruits et la canne à sucre.