Une visite a été effectuée hier dans le grenier de l’île Maurice, soit à Glen Park, La Marie et aux alentours, par le ministre de l’Agro-industrie, des techniciens agricoles ainsi que des responsables du Small Farmers Welfare Fund (SFWF) et ceux de l’Agricultural Research and Extension Unit (AREU). Ces derniers ont fait un constat des conséquences qu’a pu avoir le passage du cyclone Dumile sur la côte ouest la semaine dernière sur la culture des légumes. Aucun gros dégât n’a été observé et, selon des planteurs, les pluies qui sont tombées ont été très bénéfiques à l’agriculture. Environ 3 000 arpents sont cultivés dans la région par 800 planteurs.
« Ena boukou pom damour dan mo godam, ki sanla pe dir pena legim ? » lance Rama Hurry, planteur de longue date à La Marie lorsqu’on l’interroge sur la situation de la production agricole après le passage du cyclone Dumile. Il estime que ce sont des planteurs qui ne veulent pas travailler qui trouvent « ki karo finn gayn bate ek ki oule DBM rey zot lonn, sa mem zot dir pena legim ».
Rama Hurry dit avoir travaillé pendant la dernière période de fêtes de fin d’année pour approvisionner les marchés. À la question pourquoi le prix de certains légumes est en hausse, le planteur répond que c’est à cause de la dernière sécheresse qui a sévi dans le pays. « La sécheresse n’atteint pas le marché tout de suite, mais après deux ou trois mois », explique-t-il.
Manirath Ramjee, autre planteur, trouve que les pluies sont arrivées à temps et ont été bénéfiques à ses plantes. Le planteur et ses travailleurs étaient en train de récolter de grosses betteraves et bringelles, certaines de plus d’un kilo.
De son côté, le directeur du SFWF Kritanand Beeharry estime que la situation retournera à la normale sur le marché dans deux ou trois semaines. « Normalement, cette région aurait dû être la première affectée par le passage du cyclone vu qu’elle se trouve en hauteur mais elle n’en a été rien. Nous l’avons tous constaté », a déclaré, pour sa part le ministre de l’Agro-industrie Satish Faugoo qui déplore certaines déclarations sur la situation de la production agricole après le passage de Dumile « sans un véritable constat à travers le pays ». Aux journalistes, il montre de grosses bringelles et betteraves, des carottes, des pommes d’amour en très bon état en train d’être récoltées par les planteurs. Selon lui, il ne devrait y avoir aucun impact sur les prix des légumes au marché au vu de la situation dans les plantations.
Satish Faugoo rappelle que la hausse des prix au marché en fin et en début d’année n’est pas nouvelle. « Tous les ans c’est pareil à cause d’un manque de légumes au marché durant cette période. Cela parce que les planteurs ne travaillent pas pendant les deux dernières semaines de l’année, soit la période festive, et aussi durant les deux premières semaines de la nouvelle année », dit-il rappelant que la sécheresse affecte les plantations en décembre.
Le ministre de l’Agro-industrie ne voit aucune raison pour justifier une hausse des prix des légumes au marché, d’où son appel aux maraîchers pour ne pas créer une pénurie artificielle. Selon Satish Faugoo, comme le marché est libre, l’offre et la demande devraient pouvoir contrôler les prix. Il rappelle cependant aux maraîchers qu’ils ont un devoir moral envers la population.
En ce qu’il s’agit de la production de la pomme de terre, Satish Faugoo se dit heureux de constater que son autosuffisance a atteint les 98 %, voire les 100 %. Maurice en a même exporté une certaine quantité vers La Réunion l’année dernière. « Il nous faut nous occuper maintenant du problème de stockage de la pomme de terre », souligne-t-il.
Le ministre se penchera aussi sur la production d’oignon et d’ail en vue d’atteindre l’autosuffisance le plus tôt possible. Pour Satish Faugoo, il faut réduire davantage nos importations de pomme de terre, d’oignon et d’ail. Selon lui, l’année 2013 devrait être meilleure, que 2012, sur ce plan.