La carotte semble être le légume le plus affecté par le passage du cyclone Bansi et les grosses pluies qui continuent à s’abattre sur le pays. De fait, le gouvernement a accepté la requête des importateurs qui réclamait l’importation de 50 tonnes de carottes pendant le mois de janvier. Deux importateurs sont concernés par cette décision.
D’un côté, il y a un manque de ce légume sur le marché à cause des mauvaises conditions climatiques qui prévalent actuellement sur le pays et, de l’autre, des pressions exercées par certains importateurs pour que des carottes soient importées. Après une analyse de la situation, la Food and Agricultural Research and Extension Unit (FAREI) a ainsi recommandé l’importation de 50 tonnes de carottes pour ce mois. Elle évaluera la situation à nouveau à la fin de cette période avant de faire de nouvelles recommandations.
Si les importateurs insistent sur l’importation de carottes, mais aussi d’autres légumes, les producteurs locaux, eux, ne sont pas contents. Ceux qui cultivent des carottes et qui en récoltent en ce moment estiment en effet que cette décision affectera davantage leurs activités. « Avec le prix de ce légume, qui est en hausse, nous avions pensé pouvoir obtenir des revenus additionnels qui nous auraient permis de recouvrir une partie de nos investissements. Mais l’importation vient tout gâcher et rendre notre tâche plus difficile », lance ainsi un producteur. Un autre évoque, lui, la question phytosanitaire par rapport à l’importation de légumes, car celle-ci est « primordiale », selon lui, pour l’avenir de notre agriculture. « Nous devons tout le temps protéger notre agriculture contre l’arrivée d’insectes ou de maladies qui nuiraient à notre agriculture. Une négligence passée nous a coûté nos papayes et nos bananes. On ne se rend pas compte des conséquences néfastes d’une telle décision sur notre alimentation », dit-il, avant de s’interroger sur la provenance des légumes importés. « D’où viendra ce légume ? De quel pays ? De quel endroit ? Quid de la qualité et du règlement phytosanitaire ? Ce  légume est-il destiné à l’exportation par ce pays ? Ou bien le ramasse-t-on à la vente à l’encan pour l’exporter vers Maurice parce qu’il y a une demande de notre pays ? Ces carottes bénéficient-elles d’une “export quality” ? Comment faire respecter les procédures s’il y a des pressions de la part des importateurs ? » Et de poursuivre : « Pour les consommateurs, le prix de la carotte est trop cher pour le marché, soit entre Rs 30 et Rs 40 le demi-kilo. Ils sont disposés à payer le même prix, mais pour la carotte importée et de meilleure qualité. Ils ne sont pas bien informés quant aux problèmes phytosanitaires et des règles d’hygiène qui doivent être respectées. »
Au ministère de l’Agro-industrie, on indique que pour rétablir la production agricole au plus vite, le ministre Mahen Seeruttun offrira jeudi à Wooton et à Union Park une certaine quantité de semences de carottes, de haricots et d’autres légumes à des agriculteurs. Des semences de brèdes, qui poussent très vite, seront aussi offertes.